Actu revendicative


La mobilisation doit se poursuivre pour l’indemnisation des victimes de l’amiante


Le drame de l'amiante est une catastrophe sanitaire. S'il tue 3 000 personnes par an actuellement, il fera encore plus de victimes à l'avenir. La CFDT poursuit son engagement en faveur de l'indemnisation l'amiante mais n'oublie pas le développement des cancers liés à l'emploi de produits cancérigènes.

Plusieurs milliers de personnes ont défilé à Paris le 15 octobre 2005 pour protester contre la lenteur des procédures pénales engagées contre les responsables des maladies et des morts consécutives à l’emploi et à la manipulation d’amiante ou de produits amiantés. Actuellement l’amiante est la cause de 3 000 décès par an et certains experts prévoient de 50 000 à 100 000 décès d’ici 2030.

A cette occasion, la CFDT a rappelé ses propres revendications :
- clarification des responsabilités des pouvoirs publics, des employeurs et des experts dans cette catastrophe sanitaire qu’est le drame de l’amiante ;
- amélioration du barème d’indemnisation du Fiva (fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante) ;
- possibilité pour les travailleurs qui ont été exposés à l’amiante de bénéficier d’une cessation anticipée d’activité plus large et plus équitable ;
- interdiction mondiale de l’utilisation de l’amiante.

Rappelons que l’interdiction d’utilisation de l’amiante n’existe en France que depuis 1997. De nombreux travailleurs ont été contaminés. Ils développent ou peuvent développer des maladies propres à ce produit : mésothéliomes de la plèvre, plaques pleurales, asbestose avec fibrose pulmonaire... Toutes les régions de France sont concernées car l’usage de l’amiante a été général (isolation thermique, isolation phonique, pièces de frein...). Mais les régions où le nombre de victimes indemnisées par le Fiva est le plus important sont les Pays de la Loire, le Nord - Pas-de-Calais, la Normandie, l’Île-de-France, la Provence - Alpes - Côte d’azur, la Lorraine et Rhône-Alpes.

Au-delà de la journée du 15 octobre, la mobilisation doit se poursuivre. C’était le cas le 25 novembre à Metz devant le Palais de Justice à l’initiative de l’Union départementale CFDT de Moselle. Mais toutes les actions en faveur des victimes de l’amiante ne doivent pas faire oublier le développement des cancers liés à l’emploi de produits cancérigènes. C’est une autre catastrophe sanitaire qui se prépare. Des experts évaluent à 100 000 le nombre de cancers recensés en lien avec des expositions dangereuses sur les lieux de travail. En 2005, 3,5 millions de salariés sont encore exposés en France à des produits cancérigènes et 70% d’entre eux sont des ouvriers.

La CFDT soucieuse des conditions de travail entend développer les actions pour que cessent ces expositions à des produits dangereux sur les lieux de travail et que l’indemnisation des victimes soit assurée intégralement. L’UCR, conformément aux décisions prises lors de son dernier congrès à La Rochelle, continuera à mobiliser ses militants sur la nécessaire prise en charge des victimes et de leur famille. Nous savons défendre les salariés dans les conflits relatifs à l’application du code du travail et des conventions collectives. Nous devons faire de même lorsque leur vie ou leur santé ont été mises en péril par des conditions de travail anormales.