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1968 ou l’année de tous les possibles en France et en Europe


Les liens tissés entre La CFDT, les étudiants, et les intellectuels en Mai 68 ont été propices, bien qu’ils n’aient pas toujours été simples, aux bouillonnements qui ont permis des réflexions et actions convergentes.

Sommaire du dossier
- Mai 68 et la CFDT
- La grande grève de Mai 68
- Aux origines de Mai 68
- 1968 ou l’année de tous les possibles en France et en Europe
- Témoignage de Geo Goubier
- Cinq faits influencent Mai 68
- Le Constat de Grenelle
- « La CFDT a su faire le lien entre la lutte des étudiants et celle menée dans les entreprises »
- Témoignage sur des souvenirs de Mai 68
- Témoignage sur l’esprit de Mai 68

Bonne expérience qui sera bien utile au moment des engagements de la CFDT aux côtés de Solidarnosc et des intellectuels polonais.

En Europe, 1968 était l’année du 11e anniversaire du traité de Rome signé le 23 mars 1957, les institutions européennes regroupaient les six pays membres fondateurs, encore dénommés ainsi aujourd’hui (France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg). Depuis sept ans, le mur de Berlin était édifié (dans la nuit du 12 au 13 août 1961) en plein centre-ville, la guerre froide battait son plein.
Le 1er juillet, l’union douanière est une réalité. Les droits de douane ont complètement disparu entre les États membres de la Communauté européenne, de ce fait, le commerce intracommunautaire est multiplié par six et les échanges avec le reste du monde par trois.

De Tokyo à Zürich, du Canada aux États-Unis d’Amérique, du Vietnam au Mexique, de la Pologne à la Tchécoslovaquie, bref sur tous les continents souffle un vent de libertés, d’expression et de revendications.

Dans ce contexte, en Europe, l’accession du jeune – comparé aux autres dirigeants des pays de l’Est – Alexandre Dub ?ek (47 ans) au secrétariat général Parti communiste tchécoslovaque, le 5 janvier 1968, est un espoir dans cette partie de l’Europe fermée. C’est le début du Printemps de Prague : la censure est supprimée, les voyages à l’étranger sont autorisés, le chef de la police est arrêté… Les réactions et pressions des pays du pacte de Varsovie ne se font pas attendre.

Le 3 août 1968, A. Dub ?ek est fermement invité à rejoindre les représentants de l’Union soviétique, y compris Brejnev, à Bratislava. Le compromis signé s’est révélé être un piège : reprise en main totale par le pacte de Varsovie. Les chars envahissent, notamment, Prague. Le 21 août, des morts et des blessés sont à dénombrer. La plupart des Tchèques et des Slovaques se résignent à la « normalisation ». Pouvaient-ils faire autrement ? L’étudiant Jan Palach s’immole par le feu sur la place Wenceslas à Prague, le 16 janvier 1969, par défi et désespoir. Il leur faudra attendre vingt ans pour le retour à la démocratie.
« Ce n’était qu’un début, continuons le combat…  »

Militants CFDT manifestant lors de la grève générale à Paris le 13 mai 1968. (André Bugat/Coll. Archives CFDT, CE6/1968/2344)