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9 mai 2017, 67 ans après…. toujours la paix


Le 9 mai est l’occasion de rappeler l’évènement majeur de ce jour de 1950 où Robert Schuman, Ministre français des affaires européennes, a rendu publique une déclaration solennelle rédigée avec son complice Jean Monnet.

Comme tous les ans cette journée est célébrée partout en Europe par diverses initiatives.

Cette année, ce 9 mai se situe dans une période où plusieurs États membres sont confrontés à des échéances démocratiques : l’Autriche, les Pays-Bas dont les peuples ont su rejeter, les forces nationalistes avec une forte participation des citoyens aux élections, la France qui sortira d’une période électorale difficile avec, espérons-le, des résultats identiques, en attendant les élections allemandes en septembre prochain.

C’est l’occasion aussi de mettre en avant notre appartenance à la Communauté européenne d’hier, à l’Union européenne d’aujourd’hui. C’est l’opportunité de réaffirmer notre double citoyenneté : Européen et Français, Européen et Polonais, Européen et Allemand…

La citoyenneté européenne, une réalité concrète et unique

Vous souvenez-vous du 1er novembre 1993 ? Ce jour-là, les populations appartenant à un des États membres de la « Communauté européenne » devenue « l’Union européenne » ont acquis un droit nouveau, un statut juridique supplémentaire en devenant « Citoyens de l’Union européenne ».
C’est une première mondiale ! Aucun autre citoyen au monde ne dispose de droits transnationaux lui permettant de participer activement à l’élaboration des lois d’un groupe d’États-nations.
Cette citoyenneté de l’Union européenne se concrétise par plusieurs signes concrets :
- l’Euro pour les européens des 19 États membres concernés ;
- les quatre grandes libertés de circulation : des personnes, des services, des biens et des capitaux ;
- le passeport avec l’intitulé des deux appartenances nationale et européenne ;
- le drapeau européen ;
- l’hymne européen : l’Ode à la Joie tiré de la 9e symphonie composée en 1823 par Ludwig van Beethoven ;
- la carte d’appartenance à un régime de protection sociale permettant d’être pris en charge en cas de besoin dans l’un ou l’autre État membre ;
- la carte « verte » d’assurance d’un véhicule permettant d’être assuré sur tout le territoire européen, ;
- le droit de vote direct, pour chacune et chacun d’entre nous, pour élire les parlementaires européens tous les cinq ans ;
- la reconnaissance officielle de 24 langues : plus qu’un régime linguistique c’est le respect des cultures qui sont attachées à une langue de chacun des États membres ;
- le dialogue social européen inscrit solennellement depuis le Traité de Maastricht….

Ajoutons l’Initiative citoyenne européenne (ICE), instituée par le Traité de Lisbonne de décembre 2007, entrée en vigueur en décembre 2009. Elle permet aux citoyens européens que nous sommes de pouvoir demander à la Commission européenne d’élaborer une proposition dans tel ou tel domaine conforme aux dispositions prévues par les Traités. Plusieurs actions sont en cours pour que soit réexaminées les conditions d’accès à ce droit et ainsi le faciliter.

Ajoutons la charte des droits fondamentaux, adoptée en 2000 mais reconnue comme base juridique depuis le Traité de Lisbonne apporte un ensemble de droits personnels, civils, politiques, économiques et sociaux.

Cette année 2017, marque le 30e anniversaire de deux programmes européens. Celui pour lutter contre les cancers et Erasmus pour favoriser des brassages de jeunes étudiants ou apprentis, à cela s’ajoute récemment le programme « Service volontaire européen » ouvert aux jeunes en difficultés.

Les dimensions sociales de l’Union européenne à l’horizon 2025

Dans la suite de la grande consultation lancée la Commission européenne pour établir un socle de droits sociaux, celle-ci a publié, ce 26 avril, un document contenant des propositions de réponses tenant compte de cette consultation. Ce document, à quelques jours de ce 9 mai, fait état de 20 principes clés dans trois chapitres : Egalite des chances et accès au marché » du travail, conditions de travail équitable, protection et insertion sociale. Autant d’aspects permettant d’alimenter le dialogue social européen :
https://ec.europa.eu/commission/priorities/deeper-and-fairer-economic-and-monetary-union/european-pillar-social-rights_fr

La paix, plus que jamais d’actualité

Rappelons-nous que la Paix est le premier objectif fixé à la réalisation de la construction européenne. La déclaration de Robert Schuman le précise : « La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent. La contribution qu’une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques… L’Europe n’a pas été faite, nous avons eu la guerre ».

Ces extraits datant du 9 mai 1950 sont toujours d’actualité, hélas. La Paix est toujours en danger aux frontières de l’Union européenne, avec entre autres, en Russie Vladimir Poutine.

Oui, il nous faut renforcer notre Europe dans ses solidarités, ses cohérences et son efficacité. Oui, il faut rattraper le temps perdu suite à la non-ratification du projet de Traité de la Communauté Européenne de la Défense le 30 août 1954 par l’assemblée nationale française, qui fait qu’aujourd’hui nous n’avons toujours pas une politique européenne de défense.

L’Europe et ses États membres doivent répondre aux attentes des populations et particulièrement celles meurtries par les guerres, en mettant en œuvre les décisions prises à Bruxelles. Les réfugiés d’aujourd’hui nous font penser aux populations réfugiées d’hier. « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait » affirme Robert Schuman » Passons de la déclaration aux actes !

Jean-Pierre Bobichon