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Accès aux soins et recherche à l’échelle mondiale


Sollicité en 1999 par Bernard Kouchner, alors secrétaire d’État à la Santé, le CCNE publie le 18 septembre 2003 un avis relatif aux « inégalités d’accès aux soins et dans la participation à la recherche à l’échelle mondiale – problèmes éthiques ». Plus de douze ans après, son contenu reste d’une actualité préoccupante malgré les progrès réalisés.

Quel est l’enjeu ? « 72 % de la population mondiale vit dans les pays en voie de développement qui totalisent 7 % de la vente de médicaments ; un tiers de l’Humanité n’a pas accès aux médicaments et, dans certains pays d’Afrique et d’Asie, ce taux dépasse 50 % », souligne le CCNE.

Autre constat, les progrès de la science bénéficient exclusivement aux pays du Nord grâce à leurs moyens et l’offre de soins continue de s’accroître entre le Nord et le Sud. Ces simples évidences mettent en lumière non seulement les réponses apportées aux besoins sanitaires dans ces pays pauvres, mais également les finalités de la recherche mondiale qui, on le sait, se préoccupe plus des maladies non tropicales plus rentables pour les laboratoires pharmaceutiques.

Mieux définir par les intéressés eux-mêmes les besoins du Sud ; en dépit de la nécessaire adaptation aux ressources disponibles tenir compte des « exigences d’un universalisme éthique » ; promouvoir en matière de soin et de recherche la coopération Nord-Sud mais également Sud-Sud ; ne pas profiter des spécificités culturelles pour ne rien faire ou profiter « des plus vulnérables » ; ne pas abandonner le secret médical au bénéfice du groupe même si des spécificités culturelles peuvent le rendre parfois difficile à mettre en œuvre ; mieux former et valoriser les intermédiaires paramédicaux et les associations ; mettre en œuvre au Sud une recherche s’appuyant sur une réflexion du Sud ; s’inscrire dans la durée pour les soins et la recherche ; la recherche doit tendre à des normes universelles : « La tension éthique est justement dans ce balancement entre spécificité culturelle locale et exigence universelle », écrit le Comité. Telles sont les principales recommandations formulées par l’avis après une étude très fouillée, sans oublier la nécessité d’installer partout des comités d’éthique et de protection des personnes.

Le droit à la santé fait partie des droits de l’homme qui, comme nous le savons tous, sont, devraient être universels.

Jean-Pierre Delhoménie

En savoir plus

Divers sites : Le site de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) : www.who.int

Observatoire de la santé mondiale : www.who/int/phe/health
Institut de recherche et de documentation en matière de santé (Irdes) : www.irdes.fr, www.ecosante.fr, le site de l’OCDE : www.oecd.org/fr/sante, le site de la DREES : www.drees.sante.gouv.fr
Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) : www.inserm.fr
Centre d’analyse stratégique : www.strategie.gouv.fr : note d’analyse n° 310 de décembre 2012 : « L’homme augmenté » de Pierre-Yves Cusset.
Instances supranationales : Le comité international de bioéthique de l’Unesco (CIB), le comité directeur pour la bioéthique du conseil de l’Europe (CDBI), le groupe de conseillers pour l’éthique de la biotechnologie de l’Union européenne (GEE).
Livres : « De l’État providence à l’État accompagnant » de Serge Guérin, éditions Michalon 2010.
« Les chants mêlés de la Terre et de l’Humanité » de Jean-Claude Ameisen, Nicolas Truong, Pascal Lemaître, éditions de l’Aube.