Actu revendicative


Accès aux soins : on détricote discrètement !


Depuis quelques mois, plusieurs initiatives du gouvernement et des parlementaires ont pour objet de limiter les facilités d'accès aux soins. Elles montrent à la fois l'obstination du gouvernement à réduire le système d'assurance maladie collectif et solidaire et celle des professionnels à refuser toute contrainte pouvant améliorer l'accès aux soins.

Toujours plus de transferts vers les complémentaires santé ! A la suite de la loi de financement de la sécurité sociale, le gouvernement réduit les prises en charge par l’assurance maladie : limitation à 200 du nombre annuel de bandelettes permettant aux diabétiques de suivre leur taux de glycémie, limitation des transports sanitaires des malades en ALD (affection longue durée) à ceux qui ne peuvent utiliser leur véhicule personnel...

Un décret modifie le montant minimum à partir duquel est appliqué un forfait de 18 euros à charge du malade (ou de sa complémentaire santé) sur les actes médicaux lourds. Celui ci passe de 91 euros à 120 euros. Cela signifie qu’en dessous de ce montant est appliqué un ticket modérateur de 20%. La modification apporte un supplément de charge pour les malades puisqu’entre 91 et 120 euros ils payaient jusqu’à présent un forfait de 18 euros. Maintenant ils paieront un ticket modérateur de 20%, dont le montant variera donc entre 18 et 24 euros selon le coût de l’acte.

Cela va continuer avec la réduction de remboursements. Les taux actuels de remboursement fixés respectivement à 35% et à 65% vont passer à 30% et 60% malgré l’opposition des caisses d’assurance maladie.

Arcbouté sur le principe absurde de la nécessaire baisse des prélèvements obligatoires, le gouvernement a choisi de limiter les remboursements des soins ambulatoires plutôt que d’adapter le taux des cotisations. Il joue contre la solidarité puisque ces dépenses sont transférées sur les malades ou contribuent à augmenter les cotisations aux contrats de complémentarité santé (mutuelles, assurances...).

Toujours moins de contraintes pour les médecins

L’accès aux soins ne se résume pas aux seuls aspects financiers. Pouvoir se soigner exige que l’on puisse se rendre chez un médecin. Or on connaît toutes les difficultés rencontrées par les malades pour trouver un médecin dans certaines zones ou en période de congé ou durant les nuits et les week-ends.

La loi HPST-Bachelot de juillet 2009 prévoit que les médecins fassent connaître leurs absences. Cette disposition ne limite pas leur droit à congé. Elle a cependant été jugée intolérable par leurs syndicats qui font pression sur les parlementaires pour qu’elle soit supprimée.

Il en est de même sur la sanction financière pour les médecins s’installant en zones appelées « bien dotées » et qui refuseraient d’effectuer certaines présences dans les « déserts médicaux ». Là aussi, les syndicats de médecins par l’intermédiaire de parlementaires qui soutiennent leurs idées font pression pour modifier la loi actuelle.

Autre motif d’insatisfaction de certains professionnels, l’obligation pour les chirurgiens-dentistes d’indiquer dans leur devis le prix d’achat des prothèses a été jugée inadmissible. Ils font pression pour supprimer cette obligation et la remplacer par l’indication de la provenance de la prothèse. Ainsi les patients sauraient si la prothèse vient d’un pays de l’Union européenne ou non mais ne pourraient pas en apprécier le prix de vente. Une belle négation du besoin de clarté et d’information !

Ces faits montrent à quel point certains syndicats de médecins, certains parlementaires ou certains membres du gouvernement sont plus sensibles aux demandes des professionnels qu’à la légitime exigence des malades qui veulent plus d’information et un accès aux soins facilité.

François Hun