Stats et études


Accidents de la vie courante : grande cause nationale 2013 ?


Le Premier ministre prendra-t-il la décision de faire des accidents de la vie courante la grande cause nationale de 2013 ? C'est en tout cas ce qu'espère le Collectif inter associatif de lutte contre les accidents de la vie courante (Clac) qui a déposé en janvier un dossier de candidature.

Les accidents de la route font en France moins de 4 000 morts et ceux du travail 1 000 morts. Or, dans le même temps, 20 000 personnes décèdent d’un accident de la vie courante. Pour le Clac, composé de plus de cinquante associations appartenant aux quatre secteurs majeurs de la société civile (consommation, famille, interventions à domicile, santé / sécurité civile), obtenir ce label serait une avancée considérable pour la prévention de ces accidents.

Le label existe depuis 1977. Il est attribué par le Premier ministre. Il permet à des organismes à but non lucratif, qui souhaitent organiser des campagnes de communication faisant appel à la générosité publique, d’obtenir des diffusions gratuites de spots publicitaires auprès des sociétés publiques de radio et de télévision. Cela permet une prise de conscience, une plus grande sensibilisation de la population.

À la demande du Clac, l’institut CSA a procédé à un sondage auprès d’un échantillon national représentatif. 72% des Français se disent favorables ou très favorables à cette initiative.

Tout le monde doit en effet se sentir concerné. Jeunes enfants et personnes âgées sont les plus concernés. Chutes, suffocations, noyades, intoxications, incendies sont les types d’accidents les plus nombreux. Les statistiques montrent clairement que ce sont ceux qui se trouvent aux deux extrémités de la vie qui en sont les victimes les plus nombreuses.

Endiguer le risque

Mais les particuliers devraient aussi être davantage attentifs aux consignes données par les professionnels sur leurs produits, et rester lucides et vigilants en toutes circonstances dans tous les lieux où ces accidents ont lieu. Les industriels devraient, dans l’ergonomie des produits fabriqués, avoir toujours la préoccupation de l’utilisation par le client. Les notices ne sont pas toujours claires surtout s’il s’agit de produits d’importation.

Les pouvoirs publics devraient agir plus sévèrement lorsque des produits dangereux sont mis sur le marché. Pour l’instant, la marque « C.E » apposé sur les emballages atteste que le produit respecte les normes européennes de sécurité. Mais il n’y a pas de contrôle a priori. Il n’y a vérification par l’administration que si le produit utilisé a généré un accident.

Il y a encore du travail. Mais comme pour la circulation routière, il ne sera pas possible d’endiguer ces risques tant qu’on les prendra à la légère.

Georges Goubier

Conseils pratiques

  • Pas d’obstacle au sol : évitez les fils électriques au sol, les plantes vertes, les coins de tapis qui se relèvent, les jouets pour animaux, et au jardin, les tuyaux d’arrosage, les outils mal rangés. Débranchez les machines électriques ou à moteur avant d’y mettre la main, portez des gants et chaussures de sécurité….
  • Antidérapants et barres d’appui : les chutes des seniors ont souvent lieu dans la salle de bain et dans l’escalier.
  • Voir clair : dans l’escalier, pensez à avoir un éclairage généreux pour éviter les zones d’ombre.
  • Avoir un rangement rationnel ; il faut éviter à la personne âgée d’avoir à monter sur un tabouret pour prendre une casserole, un verre, une serviette. Tout ce qui est utile au quotidien devrait être si possible à portée de main.
  • Les grands-parents ont souvent la garde de leurs petits-enfants : attention aux plantes toxiques, les petits ont une attirance pour les pommes d’amour ! Attention aussi aux queues de casseroles sur la cuisinière tournées vers l’extérieur, aux produits ménagers laissés à leur portée. Les piscines, même les plus petites sont des lieux de mortalité pour les plus petits. Ne les laissez pas un seul instant sans surveillance.
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Queues de casserole bouillante et produits ménagers constituent les premiers risques des accidents domestiques. (photo Daniel Druesne)