Actu revendicative


Alerte rouge sur le pouvoir d’achat des retraités


La hausse des pensions sera limitée en 2008 à +1,1%. Les retraités sont mécontents et le font savoir.

Plus que jamais, le pouvoir d’achat suscite la grogne des retraités. À l’inquiétude (le pouvoir d’achat figure comme l’une des préoccupations majeures des français, d’après tous les sondages), succède l’incompréhension, voire même la colère, après l’annonce de limiter l’augmentation des pensions à 1,1% en 2008. Autre sujet de désenchantement, le président Sarkozy, autoproclamé « président du pouvoir d’achat » pendant sa campagne présidentielle, ignore les retraités dans ses récentes déclarations. Les mesures annoncées ne semblent pas de nature à concrétiser les promesses électorales en matière de pouvoir d’achat des retraités.

Un pouvoir d’achat en berne

Compte tenu de la faiblesse de la croissance, les revenus des retraités, comme des salariés, ne progressent pratiquement plus depuis une décennie. En 2004 et 2005, les pensions ont augmenté de 0,2% après déduction de l’inflation, en 2006, c’est 0%. Selon les études publiées par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), la revalorisation des retraites brutes du régime général, des régimes alignés et des régimes des fonctionnaires, a été, en moyenne et sur la période 1995 à 2005, légèrement supérieure à l’inflation (+0,2% en variation annuelle moyenne). Ce sont celles perçues par les 42% de pensionnés exonérés de CSG et CRDS. Sur la même période de 10 ans, les pensions nettes (après déduction des prélèvements sociaux) servies par ces mêmes régimes ont diminué ces pensions de 0,2% en moyenne annuelle.

Les retraités modestes, premières victimes

Cherchez l’erreur. En pure théorie, la revalorisation des pensions conforme à l’évolution des prix est un mécanisme qui doit suffire à garantir le pouvoir d’achat des retraites. Mais l’indice des prix correspond à une moyenne globale de différents biens et services. Or, tous les retraités, plus généralement tous les citoyens, ne consomment pas les mêmes choses dans les mêmes proportions. Derrière les moyennes statistiques se cachent de nombreuses disparités : entre les 10% qui touchent les plus bas revenus et les 10% les plus riches, entre les retraités locataires ou les retraités propriétaires, entre les habitants des zones rurales ou ceux vivant en région parisienne, entre ceux qui vivent seuls ou en couple, etc. Par exemple, si la part de l’alimentation s’élève en moyenne à 17% dans le budget des ménages, elle pèse pour 30% dans les budgets les plus modestes.

Avec l’envolée sur les loyers et sur certains produits de consommation courante, le coût de plus en plus élevé de l’hébergement en maison de retraite, la hausse des dépenses de santé après l’instauration de divers forfaits, les dépassements d’honoraires, devraient manifestement prendre du plomb dans l’aile avec les nouvelles franchises médicales que le gouvernement met en place en 2008. Alors que les petites retraites se traînent toujours à un niveau indigne, tout porte à croire que les inégalités vont encore se creuser. Car ce sont les retraités aux faibles pensions qui sont en premier touchés par toutes les hausses, importantes, des dépenses contraintes (alimentation, santé, logement, énergie, etc.) intervenues dernièrement.

Un coup de pouce pour les retraites

La conférence sur la revalorisation des retraites du 20 décembre nous a donné l’occasion de faire valoir les revendications des retraités : pour une vraie amélioration de leur pouvoir d’achat, avec un partage équitable de l’accroissement des richesses du pays. À l’heure où plus de 870 000 retraités perçoivent moins de 817 € par mois, dont 65% sont des femmes, des mesures spécifiques en faveur de ces misérables pensions deviennent à la fois indispensables et urgentes. C’est une question de justice à laquelle la CFDT Retraités a toujours été attachée.

La balle est dans le camp du gouvernement. Les mesures annoncées par le président en matière de pouvoir d’achat n’ont pas convaincu. Les retraités attendent un geste fort. Mais la marge de manœuvre du gouvernement paraît bien maigre : les moyens budgétaires qui auraient permis d’apaiser le mécontentement des Français, ont servis aux gratifications fiscales, distribuées cet été et dans l’urgence aux plus aisés.

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