Aller vers 100 % de voitures électriques
Les voitures électriques suscitent de grands espoirs. Leur impact environnemental reste néanmoins important. Les conditions d’exploitations du lithium, du cobalt et du nickel nécessaires aux batteries posent de sérieux problèmes sociaux et éthiques, notamment dans les pays producteurs. Des voitures volantes sont annoncées.
Envisager l’achat d’une voiture volante n’est pas encore possible. Des prototypes ont réalisé leurs premiers vols. Selon leurs promoteurs, elles « permettent le porte-à-porte, l’accès à des zones d’habitat trop dense, de meilleures conditions de confort et de rapidité ». L’entreprise californienne Alef Aeronautics a commencé une production précommerciale mais la voiture volante grand public n’est pas prête à être vendue.
Toujours des émissions de particules fines
Le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), note, qu’entre 1990 et 2023, les émissions des polluants ont fortement diminué, surtout depuis 2000. Il précise que la circulation des voitures est à l’origine de 24 % des émissions d’oxydes d’azote et de 5,5 % des émissions de particules fines de taille inférieure à 2,5 micromètres.
Ces poussières émises par la combustion ou l’usure des freins et des pneus pénètrent profondément dans les poumons, causant des maladies respiratoires et cardiovasculaires.
« Une impasse pour le climat »
La France veut atteindre 100 % de voitures électriques en 2035. En décembre 2025, la Commission européenne a décidé de réviser cet objectif sous la pression de certains États (comme l’Allemagne) et des constructeurs automobiles européens.
Pour la CFDT, cette décision est « une impasse pour le climat ; une impasse pour la compétitivité et l’emploi ; une impasse pour l’accès de toutes et tous à une mobilité durable. Le cap de 100 % de réduction des émissions à l’échappement en 2035 est un impératif pour contenir le réchauffement climatique ». La CFDT défend un cap clair vers le 100 % électrique et le basculement vers des véhicules plus petits, moins chers et adaptés aux besoins de mobilité des citoyens.
Réduire le nombre de voitures
La voiture électrique, notamment si l’énergie provient majoritairement de sources renouvelables, réduit la pollution locale mais son impact environnemental reste important sur l’ensemble de son cycle de vie. Les batteries nécessitent des métaux rares. Leur recyclage préservera-t-il l’environnement et les personnes qui manipulent des matériaux polluants ?
Pour exploiter le cobalt en République démocratique du Congo, des enfants travailleraient toujours dans les mines dans des conditions particulièrement périlleuses.
L’extraction du nickel peut entraîner des déforestations et une pollution de l’eau. Aucune voiture n’est et ne sera totalement propre.
Quel avenir pour la voiture ? Des solutions sont avancées : réduire le nombre et les kilomètres parcourus, favoriser l’autopartage, le covoiturage et les transports partagés notamment à la campagne, développer des réseaux de transports en commun performants et fiables, et enfin, apporter de nouvelles offres de stationnement pour encourager des solutions de mobilité plus vertes. La voiture volante pourrait attendre.
[Denis Ritzenthaler
Véhicule volant ou voiture terrestre ?Selon une étude de l’Université du Michigan, « se déplacer sur 100 kilomètres d’un point à un autre dans un véhicule volant électrique se traduirait par une baisse de 35 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à l’utilisation d’une voiture terrestre utilisant un moteur thermique essence ou diesel ».
Pour en savoir plus « Automobile, comment relever le défi d’une transition juste ? », Rapport de la Fondation Hulot et de la CFDT métallurgie, 2021.
