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Après les élections, les institutions européennes s’organisent


En mai dernier, les peuples d’Europe se sont exprimés démocratiquement pour constituer le nouveau Parlement européen, dont le mandat prendra fin en 2019. On regrettera néanmoins qu’il soit composé de seulement 37 % de femmes et de 63 % d’hommes.

Dans un contexte de forte abstention hélas habituel, les forces d’extrême droite et d’extrême gauche n’ont pas fait le score qu’elles espéraient. En France, la poussée du Front National n’est pas nouvelle. Certains citoyens pensent qu’il n’y a pas de risques politiques et donc se laissent aller trop facilement aux votes protestataires, malgré la gravité du choix.

Le Conseil européen réunissant les chefs d’États ou les gouvernants s’est donc mis d’accord, les 26 et 27 juin derniers, contre l’avis du Royaume-Uni qui a reçu le seul soutien de la Hongrie, pour désigner le futur président de la Commission européenne. Il s’agit de Jean-Claude Juncker. La pratique habituelle consistait à trouver un consensus. Ce choix a été confirmé par le Parlement européen le 15 juillet, par 422 voix sur 751. Et 250 votes contre, 47 abstentions, 10 nuls.

Ainsi, il a été tenu compte des résultats politiques des élections européennes. Le groupe politique le plus important est celui du Parti populaire européen (PPE). Une première qui devrait faire jurisprudence pour les prochaines élections européennes et pourrait ainsi mobiliser plus d’électeurs, si ceux-ci savent que désormais, leur positionnement est déterminant pour l’équilibre politique des institutions européennes.

Martin Schulz (photo Europa)

Fil conducteur dynamique

Le nouveau Parlement européen s’est mis au travail. Le 1er juillet, Martin Schulz (socialiste allemand) a été réélu par 409 voix sur les 612 suffrages exprimés à la présidence du Parlement européen jusqu’à janvier 2017, et donc à mi-mandat, puisque la durée de la législature est de 5 ans. Un président sortant réélu, c’est aussi une autre première ! Il est entouré de 14 vice-présidents. Comme prévu, 20 commissions parlementaires et deux sous-commissions ont été constituées. Elles sont chargées de préparer le travail législatif et les débats et votes en séance plénière.

Les prochaines étapes vont se réaliser sur deux mois. En septembre, les futurs Commissaires européens feront l’objet d’auditions individuelles devant les Commissions parlementaires correspondant à leur futur champ de responsabilités. En octobre, le Parlement validera ou non les candidatures du futur Collège de la Commission européenne. Le 1er novembre sera la date butoir pour l’entrée en fonction de la nouvelle Commission.

L’Europe ne poursuivra pas sa construction sans les citoyennes et citoyens. Nous avons cinq ans pour définir, préciser, bâtir l’Europe « de la compétition qui stimule, de la coopération qui renforce et de la solidarité qui unit », pour reprendre le fil conducteur dynamique de Jacques Delors.

Jean-Pierre Bobichon

Jean-Claude Juncker (photo Europa)

Dix priorités pour l’Europe

Dix priorités ont été développées par Jean-Claude Juncker :
- un nouvel élan pour l’emploi, la croissance et l’investissement ;
- un marché unique du numérique ;
- une Union plus active sur le plan de l’énergie, dotée d’une politique visionnaire en matière de changement climatique ;
- un marché intérieur plus approfondi et plus équitable, doté d’une base industrielle renforcée ;
- une Union économique et monétaire plus approfondie et plus juste ;
- un accord de libre-échange raisonnable et équilibré avec les États-Unis ;
- un espace de justice et de droits fondamentaux basé sur la confiance mutuelle ;
- une nouvelle politique migratoire ;
- une Europe plus forte sur la scène internationale ;
- une Union du changement démocratique.