Stats et études


Aux archives, citoyens


Une nouvelle répartition des Archives nationales s'imposait tant par la masse des documents que par l'espace nécessaire. Le site de Pierrefitte vient donc compléter la panoplie des services des archives nationales, plus de 10 ans après l'annonce de sa création.

Les Archives nationales viennent d’être réorganisées sur trois sites. À Paris, sur le quadrilatère Rohan/Soubise, sont rassemblés les fonds de l’Ancien Régime et les archives notariales de Paris (le minutier central des notaires de Paris).

À Fontainebleau se trouvent les archives électroniques, les archives audiovisuelles nécessitant des chaînes de traitement spécifique, les archives publiques sérielles et toujours consultées et les archives d’architectes. Enfin à Pierrefitte-sur-Seine, sont concentrés tous les fonds publics postérieurs à 1790, à l’exception des fonds spécifiques conservés à Fontainebleau et les fonds privés.

Histoire d’un projet

Depuis de nombreuses années, Paris et Fontainebleau étaient confrontés à de nombreuses difficultés certes liées à la saturation mais aussi au mauvais état du site parisien et aux difficultés d’accès au site de Fontainebleau. La communauté nationale et internationale de chercheurs et archivistes s’en était émue à diverses reprises. Annoncée dès 2001 par le président de la République Jacques Chirac et le Premier ministre Lionel Jospin, la décision de construction d’un nouveau bâtiment est concrétisée en 2004 sur le site de Pierrefitte.

L’objectif du projet était d’assurer les meilleures conditions de conservation et d’accès des documents à proximité immédiate des centres de recherche, de décisions et d’enseignement.

Cinq équipes d’architectes ont été appelées à concourir en 2004. C’est le projet de Massimiliano Fuksas qui a été retenu en 2005, approuvé en 2007, avec permis de construire en 2008, marchés notifiés en 2009, bâtiments livrés en 2012 pour une ouverture au public le 21 janvier 2013 avec inauguration par le président de la République François Hollande.

Le site de Pierrefitte en chiffres

- Superficie du terrain 43 960 m2 ;
- Surface utile 62 048 m2 dont 44 000 de magasins de conservation ;
- 360 km linéaires d’archives ;
- Salle de lecture 1 400 m2 (160 places) ;
- Salle des inventaires 512m2 (84 places) ;
- Salle des microfilms 338m2 (50 places) ;
- Salle d’exposition temporaire 400m2 ;
- Salle de colloque de 280 places.

Archives nationales, 59 rue Guynemer, 93383 Pierrefitte-sur-Seine Cedex Tél. : 01 75 47 20 02 www.archivesnationales.culture.gouv.fr/an

Le projet architectural

La construction d’un bâtiment d’archives d’une telle ampleur doit avoir une fonction de conservation d’une masse importante de papier. Il doit être par nature opaque, dense, de taille imposante, d’usage pérenne et d’accès facile et accueillant.
Ce bâtiment coffre a des qualités d’inertie thermique limitant le recours aux systèmes de climatisation pour la conservation des archives, avec une lumière aléatoire en contraste avec les satellites de verre ouverts sur des bassins qui reflètent la lumière changeante au cours de la journée.

Dans le cadre du 1% artistique, trois artistes ont été sélectionnés sur des scènes d’art contemporain. Pascal Convert a imaginé un jardin mémoriel composé de dalles rétroéclairées fondues dans la végétation. Anthony Gormley a conçu un nuage métallique qui se reflète dans l’eau des bassins. Susanna Fritscher a travaillé sur les plafonds du hall d’accueil et du foyer, en jouant sur la transparence du bâtiment et des reflets.

Une véritable refondation de l’institution

Pendant 18 mois, 200 km linéaires d’archives ont été transférés sur le nouveau site, nécessitant 30 km de dépoussiérage, reconditionnement pour le déménagement, identification en code barre (1,6 million de code).

Depuis l’été 2013, la quasi-totalité des inventaires, catalogues et répertoires des Archives nationales sont consultables sur internet. Et près de 21 000 instruments de recherches seront accessibles à tous. Depuis 2012, un nouveau système d’information est commun aux trois sites permettant la consultation, la réservation ou la commande de documents.

Jean-Claude Segonnes

200 kilomètres linéaires d’archives (photo J-C. Segonnes)