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Avant c’était le bon temps !


Peut-être que oui… mais en tous les cas, pas pour tout le monde ! Il fut un temps, pas si lointain, où il y avait les exploiteurs, et, beaucoup plus nombreux, les exploités. Aucun pays n’était épargné, la France en faisait partie. Jean Ferrat, dans Ma France, y fait référence avec « les enfants de cinq ans travaillant dans les mines ». Cependant, grâce à l’action ouvrière et syndicale, la fracture sociale s’est un peu atténuée sans disparaître complètement.

Malheureusement, il en est autrement dans certaines parties du monde encore très nombreuses. Au Brésil, par exemple, la situation des domestiques est de ce point de vue caractéristique. Cette main-d’œuvre est estimée à 6,1 millions de personnes dont une majorité de femmes noires fuyant la pauvreté des campagnes. Rémunération moyenne : 160 euros par mois.

Mais depuis octobre 2015, une loi encadre strictement le travail domestique obligeant les employeurs à déclarer leurs employés, à payer les heures supplémentaires au-delà de 44 heures par semaine, à accorder des congés et des indemnités en cas de licenciement ou d’accident du travail.

Fini le bon temps, car pour les employeurs le ton revendicatif des employés est vécu comme une trahison : le contrat de travail n’est plus un arrangement entre des personnes, mais entre froidement dans le cadre de la loi. Choquées, la grande comme la petite bourgeoisie se plaignent d’un climat de lutte des classes. Ils regrettent le temps où tous vivaient en « harmonie ».

Certes tout n’est pas réglé pour autant, et il faudra encore du temps pour que la société brésilienne digère ce changement et que les « bonnes », après des décennies d’harmonie à base de soumission, osent s’approprier le droit. Le combat n’est pas terminé, mais le chemin de la dignité retrouvée est tracé.

Guy Gouyet