Notre activité


« Beaucoup de questions sans réponses » sur le revenu universel d’activité


Chantal Richard, secrétaire confédérale, chargée de l’insertion, de la pauvreté et du chômage, répond à nos questions.

Le revenu universel d’activité (RUA) devrait fusionner des minima sociaux et des allocations (logement et prime d’activité). La CFDT participe activement à la concertation en cours.

Que pense la Confédération de la réforme devant aboutir à un revenu universel d’activité ?

Le revenu universel d’activité a été présenté par le président de la République lors du lancement de la stratégie de lutte contre la pauvreté en septembre 2017. Il a annoncé la fusion du RSA (revenu de solidarité active) avec les aides au logement et la prime d’activité dans un premier temps, voire ensuite pour d’autres minima sociaux ; il a souhaité également une concertation sur ce sujet, celle-ci a commencé en juin 2019.
Pour la CFDT, cette réforme doit permettre de débattre de la place centrale du travail. Un travail qui doit permettre à chacun de s’émanciper, de s’inscrire dans la conduite de son parcours de vie, d’accéder à l’emploi pour les personnes en situation d’exclusion.
Les minima sociaux jouent un rôle essentiel pour agir contre la pauvreté. Des difficultés réelles existent : non-recours aux droits, difficultés d’accès aux droits, à l’information, et aux services publics. Considérés avec suspicion par une partie des Français, les minima sociaux sont pour certains perçus comme une forme d’assistanat ; d’autres en critiquent la complexité et leur préféreraient la trompeuse simplicité d’un « revenu universel ».

Quelles sont les exigences de la CFDT ?

Pour la CFDT, ce revenu universel d’activité doit suivre les principes suivants :
- être sous condition de ressources ;
- viser à l’autonomie des personnes, donc prévoir un accompagnement global et personnalisé ;
- ne pas être l’occasion de faire des économies en regroupant des minima et des allocations. Pas de perdants, ni de nouveaux perdants, pas de personnes livrées à elles-mêmes ;
- intégrer les jeunes dès 18 ans ;
- ne pas oublier les objectifs assignés à chacun des minima sociaux ;
- prendre en compte les situations diverses des personnes pour leur donner le pouvoir d’agir sur les difficultés.

Que fait l’allocation logement dans cette réforme ?

C’est la volonté de départ du président de la République d’inclure les allocations logement dans le RUA. Son argument : plus de 50 % des bénéficiaires de chacun des minima sociaux touchent une aide au logement et un tiers des bénéficiaires d’une aide au logement touchent un minimum social.
Pour la CFDT, les aides au logement ne sont pas un minima social mais une allocation avec un objectif assigné. Par ailleurs, la réforme des allocations logement aura un impact très fort sur les allocataires dès 2020. La CFDT veut sauvegarder le sens de l’allocation logement : sécuriser les personnes dans un logement.
La concertation n’est pas terminée. Pour le moment, les arbitrages ne sont pas faits, nous en sommes qu’à des « propositions » et surtout beaucoup de questions sont sans réponses.
Propos recueillis par Claude Wagner

Chantal Richard, secrétaire confédérale, chargée de l’insertion, de la pauvreté et du chômage.
Ce schéma de construction du revenu universel d’activité est celui proposé lors de la concertation. Il n’est pas définitif. SPA = supplément personnes âgées.