Actu revendicative


La discorde algérienne dans la CFTC


A quels débats les militants de la CFTC ont-ils dû répondre pour déterminer une position commune et forte sur la guerre d'Algérie ?

Avant 1954, la CFTC était bien organisée en Algérie. Des unions interprofessionnelles étaient rattachées aux grandes villes : l’Algérois, le Bônois, le Constantinois, l’Oranais. Sur le plan syndical, l’Algérie fonctionnait très exactement comme dans l’hexagone.

À partir de 1956, les choses se gâtent en même temps que la guerre prend de l’ampleur. La Confédération, quelques fédérations (Chimie, Bâtiment), des unions départementales (Loire, Isère, Loire-Atlantique, Paris…), mais aussi, venant en soutien, le groupe « Reconstruction » (Paul Vignaux, Gilbert Declercq, Albert Détraz, René Mathevet, Marcel Gonin) prennent des positions favorables à la paix et à l’autodétermination du peuple algérien contrairement à l’opinion publique pour laquelle « l’Algérie appartenait à la France ».

Alexandre Chaulet et François Fraudeau mandatés pour appliquer les positions confédérales durent s’affronter durablement et de plus en plus avec ceux des syndicats professionnels, particulièrement des secteurs nationalisés, dont l’intérêt était de rester là-bas.

Garder la ligne confédérale

Après l’investiture de De Gaulle, en mai 58, l’incompréhension règne en métropole. Mais ce n’est rien à côté de l’Algérie. Le fossé se creuse. Au fil des mois, la tension montera entre les dirigeants confédéraux et les unions algériennes. Certaines prendront ouvertement partie pour les thèses extrémistes de l’OAS, de Soustelle et autres généraux. Décision sera prise d’exclure ceux qui refuseraient les positions confédérales.

Vers 1960, avec l’OAS, les tensions seront vives. Chaulet et Fraudeau batailleront ferme pour garder la ligne confédérale. La Confédération qui évoluera dans sa conception, et restera solide sur sa volonté de négocier, fera preuve de volonté et de détermination. Elle recherchera des solutions sans jamais lâcher les contacts avec l’UGTA, et le gouvernement provisoire de la République algérienne.

Les accords d’Evian proclameront l’indépendance de l’Algérie. Tandis que François Fraudeau arrête son activité, Alexandre Chaulet sera député, puis deviendra le premier directeur de la Caisse de sécurité sociale d’Algérie.

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