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Changer de regard sur les travailleuses domestiques


Partout dans le monde, le travail dans les domiciles privés est la plus mal payée, la plus précaire et la moins considérée des formes d’emploi. Il s’agit pourtant d’un travail indispensable à la société.

Mais parce qu’il est l’héritier à la fois du travail gratuit des femmes au foyer, de la domesticité et/ou de l’esclavage, il est encore considéré comme un « sale boulot », un travail qu’on ne souhaite pas pour ses enfants.

Cette représentation commence à changer, à la fois parce que les travailleuses domestiques et leurs syndicats se battent pour améliorer leur sort, mais aussi parce que partout dans le monde les besoins augmentent du fait du vieillissement de la population et du travail salarié des femmes.

Pour rendre ces professions attractives, il faut sortir du cercle vicieux : un travail mal payé parce que mal considéré, mais aussi un travail mal considéré parce que mal payé. Changer le regard en combattant les stéréotypes, telle est l’ambition de ce dossier.


- Selon la convention internationale C189 de l’OIT, l’expression « travailleur domestique » désigne toute personne exécutant un travail domestique (cuisine, nettoyage, soins aux personnes dépendantes…) dans le cadre d’une relation de travail, au sein d’un ou de plusieurs ménages.

- Dans le monde, selon l’OIT, le travail domestique représente 5 % de l’emploi global. Il y aurait 67 millions de travailleurs domestiques, dont 11 millions de migrants et 17 millions d’enfants, dont la majorité en travail forcé. Il s’agit d’évaluations car le travail informel est la règle.

- En France, où le travail au noir est plus faible qu’ailleurs, il y a plus d’un million de salariés de particuliers employeurs et près de 500 000 dans des organismes prestataires. Ces organismes sont des associations, des entreprises, des établissements publics et de plus en plus des auto-entrepreneurs. 36 000 organismes sont recensés.

- Une même personne peut avoir plusieurs statuts : payée en chèque emploi service, elle sera salariée d’un particulier employeur, mais dans la même journée, dans un autre domicile, elle facturera son client avec le statut d’auto-entrepreneur, et elle pourra aussi dans la semaine avoir quelques heures pour une association d’aide à domicile.

- Le travail au noir a été combattu en France avec deux systèmes : les aides fiscales et la simplification des démarches administratives, pour déclarer un salarié avec le chèque emploi service Depuis 1991, chaque foyer fiscal bénéficie d’une réduction d’impôt égale à 50 % des sommes versées pour payer des services rendus à son domicile dans la limite d’un plafond annuel. La Belgique et la Suède ont également mené une politique de lutte contre le travail au noir dans ce secteur.

- Trois conventions collectives couvrent les salariés du service à domicile, selon le statut de leur employeur : la convention collective du particulier employeur, la convention collective de l’aide à domicile, la convention collective des entreprises de services à la personne, et celle des salariés du particulier employeur.

Dossier réalisé par Béatrice Ouin assistée de Gérard Lopez

Le salaire féminin est encore trop souvent considéré comme un salaire d’appoint.