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Chassez le racisme, il revient au galop


En avril-mai 1969, selon une rumeur qui enfle de jour en jour à Orléans, des jeunes filles seraient enlevées dans les cabines d’essayage de plusieurs magasins de lingerie féminine et envoyées au Moyen-Orient pour les obliger à se livrer à la prostitution.

Tous les magasins concernés, dont certains feront l’objet de manifestations, sont tenus par des commerçants juifs. La rumeur enfle tellement – au point d’intéresser une partie de la presse nationale – qu’elle deviendra un « cas d’école » pour une équipe de sociologues menée par Edgar Morin qui en publiera les résultats dans La Rumeur d’Orléans.

Quarante-neuf ans plus tard, comme chaque année, une jeune fille est élue pour représenter Jeanne d’Arc lors de manifestations populaires. Figurez-vous que cette année, l’heureuse élue est métisse, d’un père béninois et d’une mère polonaise. Et les réseaux sociaux de se déchaîner avec les propos et les figurations les plus racistes que l’on puisse imaginer. Une élue municipale, également d’origine béninoise, subit le même sort. Et la rumeur revient : cette fois-ci ce sont les francs-maçons qui seraient derrière cette nomination.

Orléans, bien sûr, n’a pas le monopole ni des rumeurs, ni des manifestations de racisme le plus violent, ou des discriminations les plus courantes. Ces exemples nous indiquent qu’il ne faut jamais baisser la garde car elles peuvent se loger n’importe où. Soyons vigilants pour nous et envers les autres.

Jean-Pierre Delhoménie

Jean-Pierre Delhoménie