Cohabiter avec le Loup gris, un défi de la biodiversité
La directive de l’Union européenne de 1992, appelée Directive Habitats-Faune-Flore, a pour objectif de maintenir ou de rétablir la biodiversité de la faune et de la flore des 27 États membres. Le Loup gris fait partie des espèces à protéger, ce qui ne va pas sans polémiques.
Depuis l’Antiquité, le loup exerce fascination et appréhension, de la louve du Capitole au loup anthropophage qui se rapprochait des villages dans les temps de famine. En réalité, le loup est un animal discret et craintif, qui évite les humains : aucune attaque sur l’homme n’a été recensée en France depuis son retour il y a plus de trente ans.
Le retour de l’espèce est favorisé par la mise en place du statut de protection de l’espèce, et l’abondance des chevreuils et des sangliers, une ressource alimentaire pour le loup. Depuis le début des années 1990, le Loup gris venant des Abruzzes italiennes poursuit une recolonisation des massifs français, s’étendant aux Alpes, au Massif central, à la partie orientale des Pyrénées et aux Vosges.
Les enjeux économiques et sociaux de la conservation du Loup gris
Les éleveurs français font face à une pression croissante exercée par le loup. Entre 920 et 1 125 individus (recensement de l’hiver 2023-2024) causent chaque année entre 10 000 et 12 000 pertes dans les cheptels, indemnisées depuis 2004. Pour réduire ces impacts, chiens de protection, parcs de regroupement électrifiés et gardiennage humain ont été renforcés.
L’Union européenne se trouve confrontée au même problème, avec 65 500 têtes de bétail tuées chaque année, d’où la révision du statut du loup qui passe d’animal strictement protégé à animal protégé. En France, la modification du niveau de protection du loup a pris effet le 1er janvier 2026.
La surveillance du Loup gris est assurée par le préfet d’Auvergne-Rhône-Alpes, en lien avec l’Office français de la biodiversité et le Muséum d’histoire naturelle. Un prélèvement annuel de 19 % de l’effectif des loups doit permettre de maîtriser la prolifération tout en évitant une nouvelle extinction de l’espèce.
[Nicole Chauveau