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Colloque perte d’autonomie : Des métiers de vie !


Le 23 novembre dernier, l'UCR organisait une journée d'étude sur la perte d'autonomie. Elle y invitait tous les secrétaires généraux et représentants au Coderpa des UTR et autres structures de l'Union confédérale des retraités CFDT. Avec la participation remarquée de François Chérèque en tribune.

« Des métiers de vie plutôt que des métiers de soins ! » Chacun des participants à cette journée s’est sans doute retrouvé autour de cette exigence touchant les professionnels de santé, d’aide à la personne et les aidants eux-mêmes. Mais que de pratiques à modifier, de perspectives à bouleverser, de mentalités à changer.

« Notre approche de la perte d’autonomie est marquée par la culture du soin tout comme l’hôpital est marqué par la médecine de l’organe malade. Mais dans tout cela où est la personne ? » s’interroge Paulette Guinchard.

Paulette Guinchard

L’ancienne secrétaire d’État aux Personnes âgées sous le gouvernement Jospin constate que la perte d’autonomie reste une notion toujours aussi floue. La rupture de l’âge ne crée pas une dynamique mais un enfermement. Il n’y a eu aucun débat politique sur le sujet, regrette-t-elle.

Et Jean-Philippe Vinquant, secrétaire général du Haut conseil à l’Assurance maladie, de constater : « L’environnement hospitalier est délétère pour les personnes âgées. À l’hôpital il y a un bureau des admissions mais pas de bureau de sortie. On estime à 3 millions le nombre de journées d’hospitalisation inappropriées pour les personnes âgées ! L’équivalent de 2 milliards d’euros et 40 % du montant de l’Apa. »

Philippe Roux, représentant de l’Association des directeurs de maisons de retraite, directeur lui-même d’un établissement dans l’Aveyron, ne dit pas autre chose : « Face au syndrome " L’Oréal : parce que je le vaux bien ", il y a le syndrome " Ehpad : parce que je ne le vaux plus ! " Le rôle de l’Ehpad est de redonner envie de vivre : « Nos établissements doivent proposer des domiciles. »

À l’abandon

Regrettant que la CFDT ait été la seule confédération syndicale à réagir au renoncement gouvernemental sur le dossier Perte d’autonomie, François Chérèque tempête : « Face à un plan social concernant Areva tous les politiques sont sur le pont. Mais quand il s’agit de suppressions de postes dans l’aide à domicile, personne n’est dans la rue. » Le temps politique n’est pas celui du social constate-t-il. « En tout cas ce qu’on ne veut pas payer aujourd’hui coûtera trois fois plus cher demain ! »

Invitée dans la matinée Françoise Forette a marqué les esprits sur les questions de prévention. La gériatre sait de quoi elle parle. Ses propositions relèvent du bon sens : « La prévention permet de corriger les inégalités : les cadres vivent sept ans de plus que les ouvriers, les Franciliens près de 5 ans de plus que les gens du Nord. Et les niveaux d’études ++ plus que les personnes frappées par l’illettrisme. Ce n’est pas une fatalité. Le style de vie, l’éducation, la nutrition, l’activité physique sont autant de lieux à investir pour prévenir les maladies liées à l’âge. Et le meilleur endroit pour le faire reste encore l’entreprise ! »

François Chérèque

Organiser les professionnels et les services sur tout le territoire, autour de la personne, assurer la coordination entre tous les intervenants, construire en même temps tout le système d’accompagnement entre le médical, le médico-social et le social : autant de sujets à reprendre. Et le secrétaire général de la CFDT d’ajouter : « Quand un sujet est valorisé, les professionnels de ce sujet sont valorisés. » Cela reviendrait-il à dire que le grand âge est à l’abandon ? Les militants de l’UCR CFDT n’en ont que plus de raisons de répondre à la proposition de Michel Devacht d’aller rencontrer les principaux candidats aux prochaines élections législatives. Ils sont désormais mieux armés.

Daniel Druesne

De gauche à droite : Dominique Fabre et Françoise Forette