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Comment vieillir avec son logement ?


Notre logement peut-il vieillir avec nous et s’adapter à nos différents modes de vie de 62 ans à plus de 90 ans ?

On peut, au début de sa retraite, vouloir réaliser de vieux rêves : voyager, inviter des amis dans une maison de campagne, vivre proche de sa famille, rester dans son quartier… Mais quelques années plus tard, des questions se posent.

Nous trouvons plus pratique de vivre près des commerces, des services publics, d’un hôpital, d’activités sociales et culturelles… Ne plus se servir de sa voiture par obligation. Doit-on changer d’habitat ou notre habitat peut-il évoluer avec nous ? Les pays nord-européens montrent la voie par diverses expériences.

« L’habitat intergénérationnel » permet à un jeune couple de profiter de petits services, comme la garde des enfants ou des travaux de jardinage, tandis que pour les personnes âgées, c’est la garantie d’une certaine autonomie. En Belgique francophone, une grande partie des projets existants, ou en construction, proposent la cohabitation au sein de petits lotissements de personnes âgées avec des jeunes mères, des adultes en difficulté ou des personnes (légèrement) handicapées. Ces habitats « kangourou » sont encadrés par des aides extérieures, bénévoles ou non, qui offrent différents services, allant du ménage à l’aide sociale. L’habitat groupé propose quant à lui des logements privés et des lieux communs destinés aux personnes de plus de 50 ans.

En France, on construit de plus en plus de logements qui prennent en compte l’évolution des modes de vie : portes coulissantes, possibilité d’agrandir ou de diminuer facilement une pièce, de créer une deuxième sortie indépendante. La nouvelle loi Elan propose le réexamen périodique de la situation des locataires de logement sociaux par la commission d’attribution, une réforme de la copropriété et la construction de logements évolutifs.

Avec « Partage de toit », la CFDT se veut très active sur la cohabitation intergénérationnelle. Elle a créé un nouveau service qui propose de mettre en contact des adhérents CFDT disposant d’une chambre décente pour la mettre à disposition, moyennant compensation financière accessible, des étudiants, de jeunes en formation, en stage, en apprentissage, en CDD, ou en contrat précaire. Le dispositif repose sur une convention de partenariat entre la Confédération, l’Union confédérale CFDT des retraités et l’association CoSI qui fédère depuis 2004 des structures de cohabitation solidaire intergénérationnelle. Visale (Visa pour le logement et l’emploi), le dispositif de sécurisation des loyers pour les jeunes et les salariés nouvellement embauchés, est activé pour Partage de toit.

« Les résidences autonomie » sont conçues pour accueillir dans un logement des personnes âgées majoritairement « autonomes », qui ne veulent plus ou n’ont plus envie de vivre chez elles (baisse de revenus, difficultés d’accès aux commerces, sentiment d’isolement). On peut y être accueilli seul ou en couple. On peut continuer à vivre de manière indépendante, bénéficier d’un environnement plus sécurisé, utiliser des services collectifs : restauration, ménage, animations, avoir un loyer modéré. Dans certaines résidences autonomie, du personnel médical, comme des aides-soignantes ou des infirmières, peut assurer une présence.

Modèle très développé en Europe du Nord, le « Béguinage Solidaire » reçoit le soutien de plusieurs municipalités françaises pour construire une alternative entre maintien à domicile et maison de retraite. Un parc de logements groupés en centre-ville, un loyer compris entre 550 € et 600 €, des professionnels présents chargés de veiller sur les locataires, d’assurer les liaisons avec les services d’aide à domicile et les services de santé.

Danielle Rived

Des municipalités françaises s’investissent dans le béguinage.