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Comparaison n’est pas (toujours) raison


Nous ne cessons à juste titre de nous souvenir de nos morts depuis l’assassinat des piliers de Charlie Hebdo jusqu’à celui du prêtre de Saint-Étienne-du-Rouvray, en passant par le Bataclan, le Stade de France, l’Hyper Cacher, Magnanville, l’effroyable tuerie de Nice. Ils sont les victimes innocentes du terrorisme qui frappe aveuglément pour tuer et diviser.

Mais, nous dit-on parfois, trop souvent à mon goût, le total des morts par terrorisme sur le sol français est bien moindre que celui des accidents de la route, ou des accidents domestiques, sans parler des accidents du travail. Outre que bien souvent ceux-ci sont à l’origine de leur propre mort ou de leur infirmité passagère ou définitive, il y a des victimes qui ne sont pas comparables. Oui, comme le dit le proverbe : « Comparaison n’est pas raison ». Et si nous sommes quasi impuissants contre le terrorisme, nous pouvons lutter contre l’accidentologie sous toutes ses formes.

Pendant ce temps, des centaines d’êtres humains meurent ou sont blessés lors d’attentats perpétrés toujours par les terroristes de tout bord au Moyen ou Extrême-Orient, ou en Colombie, il y a encore peu de temps. La liste n’est pas exhaustive, hélas.

On s’est habitué à ces tueries qui ne font plus partie de nos conversations quotidiennes et il faut bien le reconnaître, ces morts « étrangers » soulèvent moins d’empathie de notre part que les « nôtres ». Cela peut s’expliquer, mais c’est dommage. Dans ce cas, la comparaison aurait du sens, sans justifier toutes ces victimes où qu’elles soient.

Jean-Pierre Delhoménie