UNION CONFÉDÉRALE CFDT DES RETRAITÉS

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Conflits sociaux en milieu rural


La CFDT se souvient des conflits au sein de l’entreprise LIP à Besançon, des usines Peñarroya, des Nouvelles Galeries à Thionville, etc., souvent des entreprises implantées en ville. Le milieu rural a également été touché par des conflits. C’est le cas de la petite ville de Châteaubriant, enclavée dans le nord-est de la Loire-Atlantique, dans une région très conservatrice.

À travers ce livre abondamment illustré, on suit l’histoire de l’entreprise Huard, fondée au début du XXe siècle, fabriquant des charrues et possédant une fonderie, celle de la ville de Châteaubriant, de l’Union locale CFTC-CFDT et les parcours de ses responsables.

Première étape, l’implantation de la CFTC en 1936, à Châteaubriant, avec la création de deux syndicats, l’un de la métallurgie, l’autre des employés du commerce et de l’industrie. La période 1945-1964 voit l’expansion de Huard qui met en place un comité d’entreprise et une importante augmentation des effectifs de l’Union locale. Alors que de nombreux militants sont membres de la JOC ou de l’Action catholique ouvrière, l’Union locale entame sa déconfessionnalisation et le changement de dénomination. L’unité d’action avec la CGT est très fragile, cette situation perdurera.

Ce livre disponible au prix de 20 euros à l’Union locale CFDT des retraités de Châteaubriant (retraites.cfdt.chateaubriant@laposte.net)

La CFDT s’investit sur les sujets sociétaux

La période 1965-1974 révèle la bonne santé de Huard, même si la CFDT la met en garde contre la mono-industrie et ses risques face à la concurrence. La chimie avec l’usine Atlas et des ateliers de confection se développent. La CFDT est au premier rang pour défendre les salariées de ces entreprises « pirates ». Elle s’implique dans le mouvement social de 1968.

Les militants tentent de répondre aux aspirations exprimées. On rêve d’autogestion, mais le pragmatisme reprend vite le dessus, préoccupé par la situation de l’emploi, trop focalisée sur la métallurgie. La période 1975-1982 débute par la crise avec ses conséquences, notamment pour les petites entreprises. Cependant, l’Union locale investit des sujets sociétaux, comme la place des femmes, le souci d’un système moins inégalitaire à l’école. L’élection présidentielle de 1981 suscite de grands espoirs.

On attend la prise en compte des revendications des salariés, mais aussi la construction d’un hôpital, la réouverture d’une ligne SNCF, le projet de transfert de la Fonderie Huard. Comme partout, satisfactions et déceptions seront au rendez-vous.

Ensuite, au-delà de Huard, les entreprises installées pour diversifier le maillage industriel de ce territoire connaissent des difficultés ou disparaissent. L’activité syndicale subit les contrecoups de cette crise économique sans fin. Cette chronique s’arrête à la vente de l’entreprise Huard en 1986.

Cette conclusion peut paraître pessimiste, mais ce livre est un hommage à ces militants investis qui ont fait vivre ce territoire au nom de la CFDT. Les Castelbriantais ont apporté leur soutien à ce travail. Souhaitons que cet ouvrage fasse des émules.

Annie Kuhnmunch avec le concours de l’auteure