Notre activité


Construisons les solidarités européennes


A bas les murs ! La commission européenne n'a pas été entendue il y a un an par les États membres. Ni en mai dernier pour répartir entre les membres les réfugiés. La frilosité et les peurs l’emportent souvent sur la solidarité.

Le 23 avril 2014, à Malte, Jean-Claude Juncker a présenté un plan en cinq points pour aborder concrètement les réalités migratoires dans le cadre de la campagne pour son élection à la présidence de la Commission européenne, dans le contexte des élections au Parlement européen.

Élu à la présidence de la Commission européenne à l’issu des élections européennes de mai 2014, dès sa prise de fonctions, en coordination avec le premier vice-président Frans Timmermans, il a confié à Dimitris Avramopoulos, commissaire européen chargé des migrations et des affaires intérieures, l’élaboration d’une nouvelle politique de l’immigration, comme l’une des 10 priorités d’orientations de la nouvelle Commission européenne.

L’effet Aylan Kurdi

Des États membres avaient refusé en mai dernier une répartition d’environ 40 000 réfugiés femmes, hommes et enfants, de manière volontaire, comme le souhaitait la Commission européenne.

Depuis des mois, en Europe, la frilosité et les peurs l’ont emporté sur la solidarité et les accueils indispensables. Hélas, dramatiquement hélas, il aura fallu ce petit bonhomme, de famille syrienne échoué sur une plage de Turquie, comme un vulgaire paquet flottant au fil des marées, pour que les opinions publiques européennes commencent à se réveiller. Poussant la plupart des chefs d’États ou de gouvernements de l’Union européenne de se saisir de ces réalités dramatiques qu’il n’est pas plus possible d’ignorer.

Au regard de l’évolution de la situation d’ensemble, la Commission européenne compte bien faire accepter aux Etats membres et de manière contraignante, la répartition de 160 000 réfugiés.

Il faut faire savoir haut et fort, que ce n’est pas l’Europe institutionnelle qui est en cause pour non-solidarité flagrante mais bien certains États membres qui ne veulent pas s’inscrire dans les valeurs de l’Union européenne. Elles sont parties intégrantes des acquis lorsqu’ils ont adhéré à l’Union européenne, lorsqu’ils sont devenus membres de la famille. Un sévère et solennel rappel aux fondamentaux s’impose !

Les États membres de l’Est de l’Europe devraient se souvenir de la solidarité européenne

Comme il s’agit pour l’essentiel d’États membres de l’Est de l’Europe (Hongrie, Pologne, République Tchèque et Slovaquie) on peut se permettre de leur rappeler l’esprit d’ouverture, de solidarité, de générosité de l’Union européenne, envers les peuples de ces anciennes dictatures communistes, lorsque le mur de Berlin est tombé le 9 novembre 1989.

Mieux encore et modestement, peut-on poser une question à nos amis polonais : que serait devenu l’immense élan populaire autour de Solidarnosc il y a 35 ans sans le vaste mouvement de solidarité en Europe, notamment, envers le peuple polonais ?

La Croatie a bien compris les enjeux, le ministre de l’intérieur a déclaré :« Avec la nouvelle législation hongroise qui a scellé la frontière entre la Hongrie et la Serbie, la Croatie va vraisemblablement voir un grand nombre de réfugiés arriver sur son territoire ». La Roumanie dénonce l’intention de la Hongrie « de construire une clôture anti-migrants sur leur frontière commune. Un tel projet « n’est pas conforme à l’esprit européen ».

Les réfugiés toujours sur les routes et les États membres toujours divisés

Les 28 États membres de l’Union européenne ne sont pas parvenus à un accord pour une répartition contraignante de 120 000 réfugiés réclamée depuis des jours par la Commission européenne, pour tenter de faire face à une des pires crises migratoires en Europe depuis 1945.

Réagissant aux résultats du conseil des ministres des affaires intérieures sur la crise des réfugiés, la Confédération européenne des syndicats (CES) a déclaré : « L’incapacité du Conseil à prendre les décisions qui s’imposent est une honte. Ce qui a été convenu est totalement insuffisant. A la prochaine date où ces mêmes ministres se rencontreront il est probable que la crise humanitaire sera bien pire encore. Ils se livrent à des jeux politiciens tandis que des hommes, des femmes et des enfants appellent à l’aide et meurent chaque jour. La généreuse réponse des citoyens et certaines autorités montre la compassion des Européens à l’égard des réfugiés. Il n’y a pas de mots assez forts pour exprimer ce qu’inspire l’impuissance des prétendus responsables politiques face à cette situation. La CES conjure la Commission européenne de ne pas renoncer et de continuer à chercher des réponses adéquates à cette tragédie humaine. »

Congrès de la Confédération européenne des syndicats (CES) à Paris

La tenue du 13e Congrès de la CES du 29 septembre au 2 octobre prochain, pour la première fois de son histoire, à Paris, sera certainement l’occasion de réaffirmer sa volonté de développement de la solidarité et ses revendications concrètes et notamment :
-  Investissements dans les emplois et les services publics, afin de contribuer à l’intégration des réfugiés dans les sociétés européennes.
-  Suspension de la Convention de Dublin et octroi d’un mandat à la Commission européenne visant à proposer une authentique politique européenne d’asile.
-  Un plan de protection temporaire pour les personnes qui ne remplissent pas les conditions d’un accès à l’asile.

Poursuivons, sans relâche, les actions et les interventions de la société civile organisée afin que les réunions européennes, à tous les niveaux, ne soient plus absentes de décisions urgentes à prendre. Ce sont l’honneur, la crédibilité et les valeurs de l’Europe qui sont en cause !

Jean-Pierre Bobichon