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Covid-19, une deuxième vague moins bien vécue en Ehpad


Confinement, restriction des libertés pour les résidents et les familles. Les règles de protection sanitaire ont été appliquées, quelquefois au-delà des consignes publiques. Des tensions entre des familles et du personnel se sont parfois manifestées.

« Protéger nos aînés sans isoler » : le slogan du ministère est loin d’avoir été appliqué dans tous les Ehpad, sachant que tous n’ont pas eu de cas Covid, ni de décès. Le confinement en chambre a parfois duré plus d’un mois dans les établissements touchés par des cas de Covid. Heureusement, ceux qui ont pu mettre en place une unité Covid ont limité l’isolement des résidents dans leur chambre.
Les repas servis sur des plateaux ont parfois été source de dénutrition. En tout cas, ils n’ont pas facilité l’ambiance conviviale des repas pris en commun, sources d’échanges avec les autres résidents ou les professionnels.

La circulation des résidents dans l’établissement et les promenades dans le jardin se sont raréfiées, de même que les animations collectives. Cette organisation contrainte et préventive a accru la charge de travail du personnel et généré beaucoup d’ennui chez les résidents, voire un sentiment dépressif.

Des visites des familles limitées

Les visites des familles ont été considérablement limitées, le plus souvent interdites en chambre. L’interdiction de « toucher » son proche n’a pas facilité la relation affective attendue. Ces situations ont été très mal vécues par les familles et les résidents. L’absence des familles habituellement très présentes a également impacté la vie sociale et le bon fonctionnellement de l’établissement.

Quant aux mesures de protection sanitaire (masques, prise de température, auto-questionnaire, lavage des mains, distance de sécurité), elles ont été en grande majorité respectées, même s’il est arrivé que certains visiteurs ôtent leur masque au cours de leur visite. La généralisation des tests a permis une meilleure prévention de la pandémie.

La multiplicité des consignes de l’agence régionale de santé et du ministère a perturbé les professionnels. Par peur du retour de la Covid et d’éventuels décès préjudiciables à l’image de l’Ehpad, des directions en ont rajouté et se sont montrées plus restrictives encore.

Les conseils de la vie sociale parfois oubliés

Les CVS n’ont pas toujours été consultés sur les mesures prises. Souvent, les élus des familles ont dû insister. Les directions qui l’ont fait ont mieux géré la crise et la communication avec les familles. Certaines directions n’ont pas hésité à organiser des CVS par visioconférence, d’autres ont maintenu un contact téléphonique régulier avec le représentant des familles du CVS, tandis que certaines ont occulté l’instance consultative.

L’information des directions envers les familles a été un peu plus transparente et régulière que lors de la première vague, mais elle est restée souvent imprécise sur la situation effective. Lorsque les établissements ont rouvert leurs portes, nombre de familles ont perçu les effets sur la santé physique et psychique des résidents. Les efforts des professionnels pour compenser cette séparation par des communications en visio entre le résident et sa famille n’ont pas toujours suffi, voire se montrés parfois inadaptés.

L’arrivée du vaccin, dans le respect du consentement éclairé, a été salutaire, d’autant qu’il devrait réduire la mortalité et permettre un retour à une vie sociale complète.

Jacques Rastoul

La liberté et la sécurité des résidents

Clémence Lacour, juriste, souligne, lors du colloque 2020 de l’Humanitude, la nécessaire liberté « d’aller et venir » des résidents en Ehpad, principe renforcé par la loi vieillissement de 2015. Les contraintes imposées, y compris en raison de la crise sanitaire, doivent être acceptées par la personne concernée ou, à défaut, par son représentant légal.

Protéger nos aînés sans isoler.