Notre activité


De la qualité de vie à la bienveillance


Et si notre société devenait bienveillante ? Et si les professionnels du médico-social renforçaient la bienveillance envers eux-mêmes pour être bienveillants avec les autres ? Tels sont les questionnements éthiques abordés lors du 11e colloque des approches non médicamenteuses d’Agevillage/Humanitude (1) dont la CFDT Retraités est partenaire.

Du plaisir et du sens dans la vie de tous les jours pour sortir du stress et de l’épuisement professionnel, voilà ce que propose Serge Marquis, médecin spécialiste de la santé.

« Notre attention dans l’évaluation du travail est portée sur ce qui ne fonctionne pas, non sur le prendre soin des personnes et la confiance à instaurer », souligne le docteur Patrick de Coster.

La philosophie de l’Humanitude est centrée sur ces approches bienveillantes. Pour Rosette Marescotti et Yves Gineste, concepteurs de cette approche, « en établissement, comme dans les médias, on nous montre essentiellement des soignants épuisés, qui décrivent des situations scandaleuses de soins. Il nous paraît incroyable qu’une profession détruise son image avec une telle rigueur. »

La tendresse au service de la qualité

Alors que les soignants adoptent de façon naturelle une posture de méfiance et/ou de défense, la tendresse et la douceur sont des qualités professionnelles essentielles contre le stress.

« Elles ont des effets positifs sur la qualité de vie des uns et des autres, les soignants et les soignés », racontent deux infirmières. La tendresse passe par le regard, la parole et le toucher, sans vitesse, mais aussi par un ton doux et mélodieux.

Dans cette recherche du bien-être de tous, la nutrition et l’acte de manger sont au carrefour de l’affectif, du culturel et du social. Manger c’est aussi « se remplir de plaisir », plaisir d’offrir, de partager, de rencontrer l’autre. Il y a aussi d’autres facteurs de qualité pour tous, c’est-à-dire : le cadre de vie, l’amélioration des conditions de travail, l’activité physique, la prévention des chutes, l’accompagnement personnalisé, la médiation animale.

« Point de vision idyllique, les conflits, les tensions dans le travail sont inévitables, ils doivent être gérés sans attendre », souligne Vincent Chagué, expert en management positif. « Aujourd’hui, les salariés ont besoin d’être accompagnés. Le directeur de l’Ehpad doit être présent, disponible, s’intéresser à la vie et au travail de chacun. L’objectif du management positif est de ramener l’ensemble des professionnels dans le jeu. C’est-à-dire d’obtenir par la reconnaissance une implication pérenne de tous. »

Ces pratiques professionnelles innovantes réduisent l’absentéisme. L’enjeu est désormais de les concilier avec le manque de personnel. Espérons que l’Ehpad de demain y répondra.

Jacques Rastoul

(1) www.agevillage.com

L’architecture des locaux compte

Habiter un espace qui soit familier aux résidents, qui leur permette de se maintenir et se construire dans leur identité, est une priorité. La conception des établissements doit être pensée dans une vision thérapeutique pour des publics désorientés et fragilisés.

L’architecture des lieux est loin d’être toujours conçue dans ce sens. « Elle augmente souvent les troubles du comportement, renforce le sentiment d’étrangeté et d’aliénation vécue par les résidents, comme l’épuisement des personnels », insiste Fany Cérèse, docteur en architecture. Il s’agit de concevoir les locaux qui favorisent des interactions entre la vie sociale et professionnelle, la gestion et la sécurité. Des espaces familiers, d’intimité et de convivialité sont à instaurer.

Chaque année, le colloque met en avant les établissements qui sont parvenus à obtenir le label Humanitude.