Actu revendicative


Déception autour de l’augmentation des retraites 2009


Avec 1% au 1er avril, l'augmentation des retraites pour 2009 est décevante. Elle est pourtant conforme aux règles qui fixent une indexation sur les prix.

Après une période où l’indice des prix a flirté avec des niveaux inégalés depuis longtemps, on s’attendait à autre chose. Entre temps, des éléments nouveaux ont considérablement changé la donne. Fin 2008 inaugurait déjà une inflation plus contenue. Le ralentissement de l’économie, en cette période de crise confirme la tendance. On prévoit pour 2009 une inflation de 0,4% en moyenne alors que l’année 2008 se solde par une inflation moyenne de 2,8% (1% en glissement, voir Fil Bleu 203 page 9).
Autre élément à prendre en compte, l’augmentation des retraites obtenue en septembre dernier. S’ajoutant à celle du 1er janvier 2008, elle porte à +1,37% la hausse annuelle moyenne des retraites sur l’ensemble de l’an dernier, dont une partie (+0,2%) au titre de l’année 2007. Le reste avait valeur d’avance sur l’augmentation de 2009. Cette anticipation, qui a un effet mécanique non négligeable, se conjugue à une faible inflation pour expliquer ce maigre résultat.

Un amortisseur vertueux menacé

Pour la première fois cette année, la revalorisation des retraites a été repoussée du 1er janvier au 1er avril. Désormais, il est possible de prendre en compte les chiffres de l’inflation. Sans cela, la facture pour les retraités aurait été autrement plus douloureuse. L’écart a été très significatif entre le chiffre réel et la prévision initiale d’inflation pour 2008. Pour la CFDT Retraités, ce report de date ne change rien. Comme par le passé, la revalorisation doit prendre effet sur l’ensemble de l’année. Pas question de laisser filer un trimestre ! La CFDT Retraités a exigé du gouvernement le versement d’un rappel pour solder ce trimestre. Par souci de solidarité avec les plus basses pensions, elle a demandé que ce rappel soit effectué sous forme d’un versement égal pour tous.
De son côté, le gouvernement répète, à tort, que les retraites ont bénéficié d’un coup de pouce exceptionnel en septembre dernier alors qu’il ne s’agit que d’une augmentation intermédiaire. Il prétend que les retraités sont à l’abri de la crise économique et de son cortège de licenciements. Le mécontentement des retraités tord le cou à ces propos. Au-delà de ses conséquences dramatiques pour l’emploi, cette récession, profonde et sûrement durable, concerne aussi les retraités. C’est le système de protection sociale, reconnu aujourd’hui vertueux pour son rôle d’amortisseur, qui s’en trouve menacé.

Le prix fort

Malgré deux mobilisations record, en janvier et en mars, la CFDT Retraités constate qu’aucune mesure ne s’adresse aux plus petites pensions, désemparées face à la crise. Elle demande le versement d’une aide exceptionnelle pour ceux qui ne paient pas d’impôt sur le revenu. Plus que jamais, elle revendique une politique sociale adaptée à soutenir les plus fragiles. Tout comme les salariés, les retraités ne sont pas responsables de cette crise. Ils n’ont pas en payer le prix fort.

Retraites complémentaires

Pour les régimes complémentaires Arrco et Agirc la revalorisation s’élève à 1,3%. Ils pratiquent la moyenne annuelle intégrale avec prise en compte de l’effet report. Par contre, le régime de retraite complémentaire Ircantec s’aligne sur les hausses des régimes de retraite de base avec une revalorisation de 1%.