Actu revendicative


Décès de Pierre Cadel, dernier président de l’Union confédérale CFDT des retraités


Ses dernières responsabilités nationales il les exerce à l'UCR. De 1994 à 1997 il est secrétaire national et de 1997 à 2000 président, le dernier.

Né le 3 août 1927 à Paris (10e arrondissement), Pierre Cadel est décédé le 17 juillet 2012 à l’âge de 84 ans.

Le congrès de Cherbourg en 2000 change profondément les statuts. La CFDT Retraités se considère dorénavant comme un syndicat de retraités et en adopte le fonctionnement en supprimant la fonction de président.

Pierre Cadel prononce le discours de clôture du congrès de Cherbourg : il témoigne sur son passé syndical et ses convictions, son engagement à la JOC dès 1941 le marquera profondément. Le 17 juillet 1942 lors de la rafle du Vel d’Hiv, il fait partie d’un groupe de volontaires pour distribuer de la nourriture aux Juifs arrêtés. Alors qu’on parlait de travail forcé en Allemagne, il y découvre des enfants. Il entre dès 1943 dans la clandestinité.

Il adhère en 1945 à la CFTC. Ajusteur, il entre en 1946 à Renault Billancourt. « Le bastion, à l’époque, de la CGT sous l’emprise du PCF », manière de rappeler que se syndiquer à la CFTC relevait d’un certain courage.

Il rappelle avec fierté les grand acquis des années 50 chez Renault : troisième semaine de congés payés, retraite complémentaire… Élu DP, au CE, il sera secrétaire général adjoint du syndicat CFTC Renault (André Soulat SG). La CGT perd la majorité absolue au Comité d’établissement en 1956. Pierre est embauché aux services sociaux du CE en 1957.
Trois enfants naîtront de son mariage en 1950 avec une militante Jociste.

Le 17 juillet 1942 lors de la rafle du Vel d’Hiv, il fait partie d’un groupe de volontaires pour distribuer de la nourriture aux Juifs.

Pierre Cadel

Un caractère trempé

Pierre s’est impliqué « pour la paix en Algérie et son indépendance ». Il était aux côtés des Algériens - observateur à leur demande - sur les grands boulevards en octobre 1961 : « environ 200 d’entre eux massacrés ». Et en février 1962, il était à « Charonne avec ses neuf morts et ses centaines de blessés », son hospitalisation et une côte cassée.

En 1963, il devient permanent de l’Union régionale parisienne. Il est envoyé dans les nouveaux Hauts-de-Seine et il est le secrétaire général de l’Union départementale de 1969 à 1971. Il retourne au CE de Renault en 1971 jusqu’en 1982.

Il milite aussi dans des partis politiques (UGS, PSU, PS) et exerce un mandat de conseiller municipal de 1971 à 1977.

Il part en préretraite en 1982, prend immédiatement des responsabilités chez les retraités. Il préside dès 1985 son Ulir (Union interprofessionnelle locale des retraités), l’Udir des Hauts-de-Seine et l’Urir d’Île-de-France en 1989. Avant d’être élu à la commission exécutive de l’UCR en 1994 jusqu’en 2000.

Pierre restait marqué par les engagements radicaux de sa jeunesse, y compris vis-à-vis de l’évolution de la CFDT depuis les années 80. Il a continué de commenter l’activité de l’UCR : on pouvait toujours faire mieux !

Il avait un caractère trempé et savait faire preuve d’entêtement si besoin. À l’écoute des militants, il se faisait toujours leur porte-parole.

La CFDT Retraités perd un militant actif, responsable. C’est cette image qu’en garderont tous ceux qui l’ont côtoyé dans les diverses structures où il s’était investi.

Monique Rigaud : « la CFDT a été pour lui une seconde famille »

Dans toutes ses responsabilités, Pierre a toujours essayé de les partager avec les autres ; dès qu’il avait une nouvelle idée, il en faisait part pour voir comment la concrétiser. La CFDT a été pour lui une seconde famille.
Depuis quelque temps, ses problèmes de santé l’avaient obligé à décrocher ; il avait du mal à suivre les discussions et cela devait être très difficile pour lui.
Je terminerai en le citant : « Militer, être au service des autres comme doit l’être chaque responsable, nous permet de garder une certaine fraîcheur et une grande jeunesse de cœur. Merci pour tout ce que l’action syndicale m’a apporté ».
Source : Extrait du discours de Monique Rigaud, au nom de l’UTR Hauts-de-Seine.