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Dénoncer la vie en Ehpad, oui, mais !


Envoyé spécial et Zone interdite ont fait fort en dénonçant des situations extrêmes de maltraitance. D’autres travaux depuis les conflits des Ehpad ont permis de comprendre cette crise et d’apporter des réponses.

On peut regretter que les enquêtes diffusées à la télévision en septembre et en octobre derniers n’aient pas traité les causes de la crise dans les différents types d’Ehpad (publics 53 %, associatifs 20 %, privé 27 %).

La population accueillie très âgée n’est plus la même qu’autrefois, la grande majorité des résidents sont atteints de troubles cognitifs et autres pathologies. Les moyens et les qualifications des personnels sont de ce fait largement insuffisants et les prix élevés du secteur lucratif ne sont pas un gage de qualité supplémentaire.

Ce secteur, créateur d’emplois, risque d’avoir encore plus de difficultés à motiver des jeunes avec cette présentation partielle. Turn-over des personnels, accidents du travail et absentéisme sont de nature à renforcer le manque d’attrait des emplois.

Les professionnels, les usagers et les familles, qui se mobilisent pour les conditions de travail et la qualité des prestations, peuvent à la fois être encouragés ou déçus par ce tableau noir. Regrettons également qu’à aucun moment, n’aient été évoqués la mobilisation des salariés avec tous les syndicats, les représentants des usagers et des retraités, ni les premières mesures gouvernementales et l’annonce d’une future loi « grand âge et perte d’autonomie » en 2019.

Dénoncer, s’indigner oui, mais ne montrer qu’un pan de la réalité en faisant l’impasse sur ce qui bouge et peut être amélioré, non !
Jacques Rastoul

L’entrée en Ehpad peu anticipée

Pour huit personnes sur dix, l’entrée en maison de retraite entraîne un « soulagement » pour les proches, mais implique une perte « d’autonomie de choix » pour le senior concerné. « Depuis dix ou quinze ans, la tendance est de privilégier le maintien à domicile le plus longtemps possible. Du coup, quand les gens arrivent en maison de retraite, ils sont beaucoup plus âgés, et dans un état de santé beaucoup plus dégradé », relève le directeur de Terra Nova, Thierry Pech. « Et comme dans la famille on a attendu le dernier moment pour en parler, on est mal préparé, et forcément ça ne se passe pas très bien. »

Parmi les personnes qui se déclarent « bientôt » concernées par l’entrée en maison de retraite d’un de leurs proches, 42 % disent n’avoir pas encore évoqué cette question avec la personne âgée.

Source : L’heure du choix : l’entrée des personnes âgées en structure d’accueil. Étude du Crédoc pour Terra Nova, AG2R La Mondiale, Caisse des dépôts.

La population accueillie est très âgée.