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Des changements dans le bénévolat des retraités


Entre 2010 et 2016, la proportion de Français qui donnent du temps pour les autres, en dehors de la famille, est passée de 36 % à 39 %. On estime à 13 millions le nombre de bénévoles dans les associations en 2016. Cette augmentation de l’engagement associatif est plus particulièrement portée par les hommes et par les moins de 50 ans et non plus par les retraités.

Depuis plusieurs années, nous nous étions habitués au rôle de « citoyens engagés » des seniors dans le bénévolat associatif. En 2013, trois bénévoles sur dix ont plus de 65 ans, mais plus de 50 % des responsables associatifs sont des retraités (disponibilités de temps et reconnaissance des compétences), soit environ 2 000 000 de bénévoles retraités.

Mais ces dernières années, les conditions de vie des retraités ont changé, entraînant une modification dans leurs pratiques du bénévolat. Cette évolution se vérifie pour plusieurs raisons.

L’impact du durcissement des conditions de départ à la retraite

En 2015, les seniors âgés de 60 et 61 ans sont davantage restés au travail, ce qui s’explique facilement par le recul de l’âge de la retraite et l’augmentation du nombre d’années de cotisations, même si les possibilités de départ pour carrière longue ont ralenti l’essor. Près de 500 000 actifs sont en même temps des retraités, soit 29,7 % des retraités de 60-64 ans et 6,1 % de 65-69 ans. Ce mouvement va s’accentuer lors des prochains départs à la retraite.

La nécessité de compenser la faiblesse des pensions avec des « petits boulots »

Chez les seniors, le temps partiel est plus fréquent (25 % contre 19 % en moyenne tous âges), les femmes sont plus souvent en sous-emploi que les hommes. La part des non-salariés (auto-entrepreneur) est aussi beaucoup forte qu’aux autres âges (19 % contre 11,6 %). On trouve aussi un taux de fonctionnaires un peu plus élevé (23,1 % contre 20,6 %), et un taux d’emplois temporaires, CDD ou intérim, plus faible (6,9 % contre 14,6 %).

La concurrence avec la solidarité familiale

50 % des personnes âgées de 56 ans sont grands-parents et 75 % pour ceux de 66 ans, 80 % pour ceux de 70 ans. Ils sont de plus en plus sollicités pour la garde d’enfants au quotidien, mais aussi pour les vacances : « L’écart d’âge étant, de façon mécanique, le même qu’au moment de la mise en couple. Les maternités étant plus tardives d’une génération à l’autre, l’âge de l’entrée dans la grande parentalité est également plus tardif. »

Avec le vieillissement de la population, la solidarité familiale s’organise. 4,3 millions de personnes aident au quotidien, financièrement ou par un soutien moral et d’accompagnement, une personne de 60 ans et plus. Les jeunes retraités s’occupent de leurs parents âgés de 85 ans et plus. Le congé de proche aidant est entré en vigueur au 1er janvier 2017. De même, la Cnav reconnaît la prise en compte de 8 trimestres validés pour le calcul de la retraite d’un aidant familial.

La reconnaissance de la place des retraités dans la société passe par la reconnaissance de leur utilité sociale dans la société mais aussi dans la famille. Cette place n’est toutefois pas si évidente et le passage à une retraite active se joue dans un processus de remaniement identitaire, plus ou moins facile, en fonction de trois facteurs-clés : les conditions de la transition travail/retraite, la gestion de la dernière partie de carrière professionnelle et les ressources identitaires accumulées et mobilisables.

Danielle Rived

Pour en savoir plus :

www.francebenevolat.org/documentation

Les conditions de vie des retraités changent. Leur bénévolat aussi.