Notre activité


Des retraités de la CFDT en Algérie


Les 21 participants, venus en mai dernier de plusieurs régions françaises, ont ouvert la voie des échanges que la CFDT veut développer avec les Algériens. Certains étaient déjà venus, l’un y était né. Pour d’autres, il s’agissait d’une première découverte.

Une belle organisation, avec, à chaque étape, des guides compétents pour nous faire découvrir les richesses de l’Algérie. C’est bien le moins pour découvrir un pays à la croisée des chemins, un pays en construction. Partout, de grands travaux, ponts, autoroutes, logements… dans un pays où 60 % de la population a moins de 30 ans et 27 % moins de 15 ans.

L’Algérie nous est apparue comme un pays en phase de transition. D’un côté, un enracinement dans l’histoire, de l’autre, une aspiration à la modernité. Une société qui s’urbanise, où la population veut accéder aux biens de consommation, à l’éducation, à la santé, à l’emploi. Et surtout, l’attente d‘un avenir de la part d’une jeunesse diplômée en quête d’identité qui peine à trouver sa place.

Nous avons été « choyés » par nos hôtes, mais aussi protégés tout au long de la semaine par une escorte de sécurité. Nous avons rencontré des Algériens heureux d’échanger avec des touristes français. Ils l’ont exprimé à chacune de nos étapes. Un renouveau touristique est gage de l’ouverture de l’Algérie, après les années difficiles qu’elle vient de traverser. À Béjaïa, nous avons partagé le repas d’une famille où tous s’étaient regroupés, certains venus d’Alger, pour nous accueillir et partager ce moment convivial.

Échanges et culture

De nombreux sites mettent en évidence nos racines culturelles communes. Nous l’avons éprouvé fortement à l’occasion des visites sur les sites romains de Djemila, Timgad, Tipasa. Le parc automobile ressemble beaucoup au nôtre, avec les mêmes difficultés de circulation, ralentissements et bouchons sur les routes, à l’entrée des villes. Des paysages superbes, une campagne riche. Les cigognes nous accompagnaient dans les Aurès.

La rencontre avec les syndicalistes de la Fédération nationale des retraités de l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens) nous a fait découvrir un syndicalisme certes différent – le contexte économique, politique et social est différent –, mais où les problématiques, les revendications ressemblent aux nôtres. Un syndicalisme qui contractualise, mais reste fortement lié au parti au pouvoir. Peu de femmes chez les retraités. Mais il paraît que chez les salariés, les femmes sont majoritaires.

Voyage culturel, voyage d’échanges, voyage où l’émotion a été présente du début à la fin. Nous ne nous sommes pas sentis étrangers. L’Algérie reste un pays avec lequel nous avons beaucoup de liens.

D’ores et déjà, un autre voyage d’approfondissement est prévu.

Marie-Solange Petit

Samia ou la passion du pays

Nous étions à Sétif pour le 8 mai et avons assisté aux commémorations du 8 mai 1945, anniversaire du massacre de 45 000 personnes (chiffre de l’Algérie) lors d’une manifestation pacifique célébrant la fin du nazisme.
Samia, jeune femme pleine d’humanité, nous a fait visiter Béjaïa (Bougie) en petite Kabylie. Avec beaucoup d’intensité, elle nous a conté l’histoire de cette ville où les différentes communautés vivaient en bonne harmonie et se rassemblaient pour les fêtes au bois sacré.
Cette ville est surprenante de solidarité entre chaque famille. Au moment du terrorisme, personne n’a été dénoncé. Le terrorisme n’a pas eu de prise.
Samia nous a charmés. Sa passion pour son pays et le nôtre nous a donné l’envie d’y revenir et elle nous y a invités de façon pressante.
Jocelyne Pelloux

À Timgad, dans les vestiges de la ville romaine (photo JM.Gaillard)