Notre activité


Des territoires conçus pour tous avec le Réseau francophone des villes amies des aînés


En 2012, trois villes, Lyon, Besançon et Dijon, décident de créer un Réseau Francophone des Villes Amies des Aînés. Aujourd'hui, 54 villes y adhérent et une cinquantaine sont en cours d’adhésion. Il ne s'agit pas d'un label mais bien d’une démarche exigeante qui engage les collectivités pour faire évoluer nos territoires pour et avec les « vieux ».

Quand on parle du vieillissement, on l’associe souvent à la perte d’autonomie. Pourtant, cela concerne de nombreux domaines qui sont évoqués via les huit thématiques de la démarche : Habitat ; Transports et mobilité ; Espaces extérieurs et bâtiment ; Lien social et solidarité ; Autonomie, services et soins ; Participation citoyenne et emploi ; Information et communication ; Culture et loisirs.

Le « vieux » est toujours quelqu’un d’autre, jamais soi-même. Pourtant, être vieux n’est pas une maladie, c’est avant tout une chance. La démarche « Villes Amies des Aînés » initiée par l’Organisation mondiale de la santé, c’est travailler ensemble pour que chacun se sente accueilli dans son territoire de vie avec son âge plutôt qu’à cause de son âge.

Poser la question du vieillissement interroge sur l’équilibre entre les générations. Ce qui importe le plus n’est pas l’augmentation du nombre d’aînés sur le territoire. Ce qui crée un enjeu réel, c’est que le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans est bientôt supérieur à celui des jeunes de moins de 20 ans, une situation inédite qui modifie le paysage – et l’usage – de nos villes.

Comment construire des villes bienveillantes qui donnent le signal aux habitants de tous âges qu’on peut avoir sa place sur un territoire, s’y épanouir, s’y engager ?
La première attitude à combattre est l’âgisme, la discrimination liée à l’âge. Certains indicateurs laissent à penser que l’âge pose problème : parce que vous avez tel âge, vous avez ou vous n’avez pas votre place. Mais attention, à l’inverse, l’âgisme peut être l’instauration de la gratuité des transports publics pour les plus de 65 ans. Y compris pour les riches ? L’âge ne peut être un critère unique.

Mettre des mots

Le deuxième point consiste à travailler sur un sentiment d’appartenance à son territoire dans l’environnement social et dans l’environnement bâti. Le jeune de 20 ans est tombé dans le numérique quand il était petit. Dire aux gens « c’est facile », c’est une façon de leur dire « ce n’est pas pour vous si vous trouvez que c’est difficile ».

Une ville bienveillante est une ville qui met des bancs et des toilettes publiques gratuites en nombre suffisant, parce qu’il ne suffit pas de dire aux gens « allez boire un coup et ainsi vous irez aux toilettes ». Il faut s’adapter aux attentes, besoins et habitudes de toutes les générations. Ce sont des choses très pragmatiques mais parfois difficiles à faire comprendre aux décideurs.

Le troisième point consiste à développer une dynamique partenariale et participative. Le programme « Villes Amies des Aînés » veut faire travailler ensemble un triptyque : habitants, élus et professionnels. L’idée est de co-élaborer, de co-réfléchir, de co-construire pour penser la ville ensemble. L’appel à l’expertise d’usage des habitants est un point majeur de cette démarche participative.
En ce qui concerne l’engagement des villes, nous insistons beaucoup pour que ce soit le maire qui s’engage, puisque c’est le chef d’orchestre. Le rôle d’une municipalité est de s’assurer que sur son territoire, ce dont les gens ont besoin existe et qu’ils puissent le trouver. Dynamique partenariale aussi entre les différents acteurs : le plus compliqué est de faire comprendre à l’ingénieur qui va mettre en place les transports en commun ou la voirie, qui sont les personnes âgées d’aujourd’hui et de demain, et qu’il doit se sentir concerné puisque ces dernières constituent une part importante des utilisateurs des services qu’ils mettent en place. La démarche « Villes Amies des Aînés », c’est aider à mettre des mots, à décortiquer les processus pour apporter un soutien dans la prise de décision.


Pierre-Olivier Lefebvre, délégué général du réseau francophone des Villes Amies des Aînés

www.villesamiesdesaines-rf.fr