Actu revendicative


Égalité hommes femmes : ça stagne !


Il y a cent ans, les premières manifestations pour les droits des femmes se déroulaient à Copenhague. Depuis, la journée internationale de la femme reste utile pour dénoncer les situations d'inégalités qui traversent encore trop le quotidien des femmes, en société, en famille, au travail, à la retraite.

Comme chaque année, la Confédération organisait à Paris un rassemblement pour la journée internationale de la femme. La CFDT Retraités n’a pas manqué ce rendez-vous, auquel avaient répondu beaucoup de militantes et militants, et de nombreux invités, associations féministes, planning familial, syndicats d’étudiants, universitaires. Tables rondes et interventions se sont succédées pour constater que, malgré les avancées, les inégalités entre les hommes et les femmes résistent au temps.

Plus d’emplois précaires, plus de temps partiels, moins d’accès aux postes à responsabilité, le travail féminin se caractérise par des discriminations importantes engendrant des salaires plus faibles et des contraintes plus fortes. Les déséquilibres restent forts au sein de la famille où le partage des charges familiales, tâches ménagères, éducation des enfants restent très généralement l’affaire des femmes.

Pour un nouvel élan

La journée du 8 mars 2010 célébrait le centenaire des premières manifestations de féministes. Du droit de vote aux premières lois sur l’égalité professionnelle en passant par l’interruption volontaire de grossesse, les droits des femmes ont heureusement progressé. Aujourd’hui ils stagnent et la question de l’égalité entre les hommes et les femmes nécessite un nouvel élan. La CFDT n’entend pas rater la marche. Si la lutte est dans le quotidien, la journée internationale des femmes peut, à sa manière, aider à concrétiser les revendications des femmes pour l’égalité.

Le sexisme couvre encore des situations intolérables de harcèlement sexuel ou de violences faites aux femmes. Il reste un frein tenace à une réelle mixité dans les sphères du pouvoir économique, politique ou syndical. Beaucoup de discriminations liées au genre restent trop invisibles. Chacun mesure le chemin restant à parcourir pour l’égalité.

Un lourd héritage

Laurence Laigo, secrétaire nationale de la CFDT, responsable de la politique de l’égalité professionnelle et de la condition féminine, plaide pour une nouvelle prise en charge syndicale qui ne s’arrête pas à la seule question de l’égalité au travail. Elle revendique un débat de société intégrant toutes les dimensions, culturelles et sociétales, économiques et sociales.

Les politiques publiques, politiques sociales et familiales, doivent y contribuer au même titre que les lois sur l’égalité professionnelle.
Au moment de la retraite, les conséquences de ces inégalités deviennent inéluctables pour les femmes retraitées. La CFDT Retraités a eu l’occasion une nouvelle fois de les dénoncer. Ecarts de retraite comparables à ceux des salaires et conditions de vie plus précaires pénalisent les retraitées.

Les retraitées vivant seules, veuves, divorcées ou célibataires héritent encore plus durement de toute une vie d’inégalités, issues tant du travail que de la sphère sociale. Les difficultés de la prise en charge syndicale sont renforcées au moment de la retraite par l’héritage de ce passé.

Ombretta Frache

Vue de la salle