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La souffrance des salariés des Ehpad au grand jour


Effectifs et rémunérations insuffisants, postes menacés, les conditions de travail des salariés et les conditions de vie des personnes âgées sont atteintes. Les 30 janvier et 15 mars, dans toute la France, suite à l’appel intersyndical et associatif (*), la souffrance des salariés soutenus par les résidents, les familles, des CVS et des CDCA a été entendue.

« Les résidents entrent chez nous dans des états plus dégradés qu’auparavant et la surcharge de travail est quotidienne  », souligne une soignante aujourd’hui dans la rue. De multiples témoignages font état d’une dégradation de la prise en charge : « Il y a trop de non-respect du rythme de vie des résidents, cela devient impossible », « les résidents aimeraient parler avec nous au moment des soins. Parfois, nous faisons les toilettes, vite, trop vite. » « Si nous voulons que tout soit bouclé avant 12 heures, il faut bien les brusquer un peu, voire faire les choses à leur place. » Les personnels sont en souffrance, ils souhaiteraient mieux faire leur travail et respecter la dignité des résidents. La maltraitance institutionnelle s’accroît.

Plus de moyens pour nos anciens

L’insuffisance des moyens dans l’accompagnement des personnes âgées est la préoccupation principale. L’accroissement des besoins sanitaires liés à la perte d’autonomie grandissante n’est pas financé. La réforme tarifaire des établissements issue de la loi « vieillissement » va avoir des incidences négatives sur le nombre de postes de travail. On s’éloigne de plus en plus des objectifs de bientraitance pour les usagers.

Lors de chaque journée nationale, dans chaque département, les personnels des établissements et des services ont exprimé leurs revendications sous toutes ses formes : pétitions, tracts, débrayages, rassemblements, délégations.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ne nie pas les difficultés des Ehpad, mais il est inacceptable qu’elle les limite à des problèmes de management du personnel. La CFDT Retraités, à l’occasion d’une audience au ministère, a partagé ces inquiétudes, ainsi que le reste à charge financier pour les familles.

Cette mobilisation, engagée depuis cet été dans plusieurs Ehpad, a reçu le soutien des syndicats CFDT Retraités parties prenantes de la journée nationale avec les syndicats Santé-Sociaux et Interco. Des unions interprofessionnelles, comme l’Île-de-France, ont organisé une rencontre entre les syndicats concernés, la CFDT Retraités, l’inter CVS pour aller plus loin. Le syndicat Santé du Haut-Rhin a lancé une pétition : « Plus de moyens pour nos anciens ». Des prolongements dans la CFDT entre soignants, usagers et leurs représentants sont donc souhaitables.

À la suite de cette journée nationale sans précédent, des réponses en profondeur, bien au-delà des millions annoncés par le gouvernement sont plus que jamais attendues.

Jacques Rastoul

(*) Les fédérations Santé Sociaux CFDT, CFTC, CGT, FO et UNSA ont appelé ensemble à des mobilisations. Ce mouvement soutenu par les CFDT Retraités, Interco, Syncass et la Confédération a été rejoint par d’autres associations et syndicats de retraités : AD-PA, FNAPAEF, France Alzheimer, CFE-CGC, FSU, SUD, SNPI, FGR-FP.

Les revendications de l’intersyndicale

- Un agent ou un salarié par résident, « tel que prévu par le plan solidarité grand âge ».
- Abrogation des dispositions législatives relatives à la réforme de la tarification des Ehpad et retrait des décrets d’application.
- Arrêt des baisses de dotations induites par la convergence tarifaire et maintien de tous les effectifs des Ehpad, y compris les contrats aidés qui doivent être intégrés et sécurisés.
- Amélioration des rémunérations, des perspectives professionnelles et de carrières, dans le cadre du statut et des conventions collectives nationales.

Manifestation du 30 janvier 2018 à Lyon.