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L’après élections européennes


En France, ces élections ont redistribué les cartes de la représentativité politique.

Sur le plan des 28, elles ont été marquées par une amélioration de la participation. Les partis majoritaires ont perdu des sièges et de nouvelles alliances sont à négocier pour dégager une majorité. Dans le programme du nouveau Parlement européen, la neutralité climatique figure en bonne place.

Les résultats

En France, 34 listes, un record ! 6 listes ont recueilli l’essentiel des suffrages et 23 moins de 2 %. Le caractère démocratique de ce foisonnement est discutable car il aboutit à surfer sur les enjeux européens. La campagne a été délibérément polarisée sur l’affrontement entre le Rassemblement national et La République en marche (LRM) pour la première place.

Dans l’Union européenne, on est frappé par le fait que les enjeux nationaux aient la plupart du temps prévalu sur les enjeux européens. Ces élections ont ainsi permis de conforter des majorités en place, comme en Hongrie, Pologne, Espagne, Portugal, et dans d’autres à les fragiliser, comme en Italie, Allemagne ou Grèce. Au Royaume-Uni avec un taux de participation faible, le parti du Brexit arrive largement en tête tandis que le parti au pouvoir réalise un très faible score. Le Brexit n’a donc pas épuisé toutes ses potentialités déstabilisantes.

Les échéances de juillet au Parlement européen

Élection du président du Parlement européen, des vice-présidents, des questeurs, mise en place des différents groupes politiques (7 ou 8) et de la vingtaine de commissions.

Pour constituer un groupe politique de rattachement des élus nationaux, il faut réunir 25 parlementaires originaires de sept pays différents. La tâche n’est pas aisée pour les partis anti-européens qui sont représentés dans plusieurs groupes différents. Sur 751 sièges, l’élection a placé en tête les élus du Parti populaire européen (PPE) conservateurs (dont Les Républicains) avec 182 sièges, puis les Socialistes et Démocrates (dont le Parti Socialiste et Place publique) avec 153 sièges. Ces deux partis sont en baisse, ils ne peuvent plus ensemble constituer une majorité absolue et s’entendre pour une répartition des postes. La majorité « pro-européenne » du Parlement européen doit s’étendre aux 108 élus de Renew Europe (Renaissance Europe, ex-ADLE dont LRM) et aux 75 élus des Verts.

La présidente de la Commission européenne et les commissaires, le haut représentant pour les Affaires étrangères, le président du Conseil européen et la présidente de la Banque centrale européenne ont été élus. On peut comprendre que deux Conseils européens n’aient pas suffi pour combiner, dans le choix des personnes, la prise en compte de l’intérêt général européen et des intérêts et affinités de chacun des États membres.

Demander le programme

Les 28 chefs d’État et de gouvernement ont récemment adopté le nouveau « Programme stratégique de l’UE » qui fixe les priorités pour la période 2019-2024.
1. Protéger les citoyens et les libertés ;
2. Développer notre base économique, le modèle européen pour l’avenir ;
3. Construire une Europe neutre pour le climat, verte, équitable et sociale ;
4. Promouvoir les intérêts et les valeurs de l’Europe dans le monde.

Chaque point se décline en actions concrètes : crise migratoire, accords de Schengen, lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontière, travail sur le numérique et l’intelligence artificielle… Et comme l’ont déjà exprimé, en mars, 19 organisations, dont la CFDT, dans le Pacte du pouvoir de vivre, la transition écologique figurera bien au premier rang des préoccupations.

Jean-Pierre Moussy

Résultats des principaux partis en France

Rassemblement national Renaissance LRM - Modem Europe Écologie Les Verts Union droite Les Républicains France insoumise Envie d’Europe Place publique -PS
23,31 % 22,41 % 13,47 % 8,48 % 6,31 % 6,19 %

Nouvelle répartition des sièges au Parlement européen