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En 2018, la proportion de retraités pauvres progresse de 1,1 point.


Le taux de pauvreté des retraités est très inférieur à celui de l’ensemble de la population, mais leur proportion progresse de 1,1 point entre 2017 et 2018, alors qu’elle était relativement stable depuis 2014.

En 2018, en France métropolitaine, le niveau de vie médian (1) (moitié au-dessus, moitié en dessous) de la population s’élève à 21 250 euros annuels, soit 0,3 % de plus qu’en 2017 en euros constants. Il poursuit sa lente progression depuis cinq ans, après avoir diminué à la suite de la crise économique de 2008. Les 10 % de personnes les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 11 210 euros. Les 10 % les plus aisées ont un niveau de vie au moins 3,5 fois supérieur, au-delà de 39 130 euros (+0,6 %).

Depuis dix ans, la progression du niveau de vie des plus aisés entamée au milieu des années 2000 a ralenti et se poursuit à un rythme proche de la médiane, à l’exception d’une nette baisse en 2012 et 2013 (crise économique de 2008, hausse de la fiscalité…). En 2018, la hausse du niveau de vie des 10 % les plus aisés est légèrement supérieure à celle de la médiane tandis que celle du niveau de vie des 5 % les plus aisés augmente plus nettement de 1,2 %. Ils ont davantage bénéficié de l’augmentation des revenus du patrimoine, portée par une forte hausse des dividendes, dans un contexte de fiscalité plus incitative avec la mise en place du prélèvement forfaitaire unique. Les plus ou moins-values ne sont pas prises en compte ni le remplacement de l’impôt de solidarité sur la fortune par l’impôt sur la fortune immobilière.

Le seuil de pauvreté (2) augmente légèrement en 2018 : 1 063 euros par mois contre 1 060 euros par mois en 2017. En 2018, 9,3 millions de personnes vivent en dessous de ce seuil soit 14,8 % contre 14,1 en 2017. Cette hausse intervient après une période de stabilisation entre 2014 et 2017. Elle s’explique en partie par la baisse des allocations logement.

Les retraités sont sous-représentés parmi les ménages les plus modestes en termes de niveau de vie. Leur taux de pauvreté reste ainsi très inférieur à celui de l’ensemble de la population en 2018 (8,7 % contre 14,8 %). Toutefois, la proportion de retraités pauvres progresse de 1,1 point entre 2017 et 2018, alors qu’elle était relativement stable depuis 2014. Cette hausse est majoritairement portée par l’augmentation du taux de pauvreté des personnes seules âgées de 65 ans ou plus (+2,1 points). Le niveau de vie médian des retraités diminue de 1,9 % en euros constants en 2018, pénalisé par la non-revalorisation des pensions servies par le régime général et par la hausse du taux de CSG prélevé.

Cette enquête ne prend pas en compte les transferts sociaux (voir article « Entre 2011 et 2017, en prenant en compte les transferts sociaux, les inégalités se réduisent légèrement »)

(1) Le niveau de vie est un concept utilisé par l’Insee pour comparer les ménages. Il est obtenu en divisant le revenu disponible du ménage par le nombre d’unités de consommation (UC), afin de tenir compte de la taille du ménage et des économies d’échelle réalisées en son sein. Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus d’un même ménage. Les unités de consommation sont généralement calculées selon l’échelle d’équivalence de l’OCDE modifiée qui attribue 1 UC au premier adulte du ménage, 0,5 UC aux autres personnes de 14 ans ou plus (dont le conjoint) et 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans (Voir Retraité Militant n° 20-04 d’avril 2020 page 4).
(2) Une personne est considérée comme pauvre lorsque son niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Il est calculé par rapport à la médiane des niveaux de vie de l’ensemble des ménages. Dans cette publication, le seuil de pauvreté est égal à 60 % du niveau de vie médian (taux privilégié en Europe). Le taux de pauvreté correspond à la proportion de personnes dont le niveau de vie est inférieur à ce seuil.

Source : Insee Première n° 1813.

Jean-Pierre Druelle et François Jabœuf