Actu revendicative


Équilibres bousculés au CESE français


En novembre dernier, le Conseil économique, social et désormais environnemental de la République française a effectué sa rentrée dans un contexte mouvementé et très politique.

Rentrée assez inhabituelle de notre Conseil économique, social et environnemental pour une nouvelle mandature placée sur fond de réforme et marquée par des choix jusqu’alors inaccoutumés.
La loi Grenelle de l’environnement avait prévu un renforcement conséquent du pôle environnemental de l’assemblée. On s’attendait dès lors à de profondes modifications de la composition du Conseil. Même si le gouvernement avait annoncé le même nombre de membres.
Le résultat se traduit donc par une profonde évolution de la composition de la nouvelle assemblée.
Parmi les entrants, quelques changements significatifs dont le poids de l’environnemental (33 membres), l’entrée des organisations de jeunesse (4 représentants) et une présence féminine accrue (désormais 44% de l’assemblée).
Du côté des perdants, on note la moindre représentation du monde agricole, de l’économie sociale et solidaire, la disparition des places attribuées aux Français de l’étranger ou les grandes entreprises. S’y ajoute le mécontentement des associations de consommateurs qui s’estiment oubliées.

Présidence politique

Une autre donnée est venue perturber la vie d’ordinaire tranquille de la docte assemblée. Il s’agit des 40 « personnes qualifiées » nommées directement par le président de la République. Traditionnellement, le choix effectué répond à quelques règles tacites qui débouchent sur une désignation reflétant une large palette de pensées de la société civile. On évite de nommer des personnalités très directement impliquées en politique !
Or, première grande surprise en totale rupture avec la pratique habituelle, plus d’un quart de la liste publiée est composée de personnalités politiques appartenant ou apparentés au parti présidentiel dont un conseiller personnel du président, Raymond Soubie. Dans la foulée de cette tendance, un proche du président de la République, Jean-Paul Delevoye, jusqu’alors médiateur de la République, est propulsé dans un premier temps candidat. Il est élu, avec le soutien de FO (!) à la présidence du CESE. Son challenger, Jean-Pierre Davant, issu de la mutualité, s’est retiré au dernier moment.
Ainsi, pour la première fois, un homme politique devient président de cette assemblée pourtant fondamentalement destinée à la représentation de la société civile. C’est donc dans un contexte profondément modifié que s’engageront les travaux du CESE. Ils seront à n’en pas douter, suivis avec une attention toute particulière.

Jean-Paul Rueff

Les syndicats au CESE

Côté représentation syndicale, la composition actuelle reste presque inchangée. La CFDT conserve ses 17 représentants tout comme la CGT et FO. Une seule modification intervient, l’arrivée de SUD avec un siège, conséquence d’une décision du Conseil d’État.

Jean-Paul Delevoye, nouveau président du CESE. (photoDavid Delaporte)