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État des lieux de la fracture numérique


La fracture numérique existe, mais elle n’est pas une fatalité. Des associations s’engagent pour la réduire et progressivement faire disparaître le fossé intergénérationnel.

Sommaire du dossier
- Vivre dans une société numérique
- La révolution numérique
- Apprivoisons la tablette !
- État des lieux de la fracture numérique
- La gérontechnologie au service des personnes âgées

Depuis quelques années, un véritable fossé se creuse entre les utilisateurs et les non-utilisateurs des technologies informatiques. En cause : les inégalités d’accès à ces nouvelles technologies, qu’il s’agisse des ordinateurs, des smartphones, des tablettes…

Les facteurs de cette fracture numérique sont nombreux : l’âge semble avoir une influence significative. Les plus jeunes générations sont ce qu’on appelle des « digital natives ». Dès leur plus jeune âge, elles ont été en contact avec les technologies numériques contrairement aux seniors qui n’ont pas nécessairement fait la démarche d’apprentissage et d’adaptation de leurs pratiques. Toutefois, la fracture voire l’exclusion numérique touche, au-delà des seniors, une grande diversité de publics tels que les SDF, les travailleurs pauvres, les demandeurs d’emploi, les familles en difficulté… Elle se manifeste aussi par des inégalités territoriales en matière d’accès.

Un fossé qui touche les seniors

Une étude CSA (1), réalisée à partir de l’« Enquête sur les usages d’Internet auprès des personnes âgées de 60 ans et plus » pour l’association les petits frères des Pauvres, publiée fin septembre, révèle que plus d’un quart des plus de 60 ans n’utilise jamais Internet. Le taux de non-connexion au réseau est de 27 % pour les plus de 60 ans, et monte à 59 % pour les plus de 85 ans. En revanche, la même étude révèle que les seniors qui franchissent le pas passent beaucoup de temps sur Internet, et certains affirment même ne plus pouvoir s’en passer. Par ailleurs, les technologies sont un instrument formidable d’autonomie et de conservation des relations sociales. Il est donc important de privilégier l’accès à l’outil numérique à un nombre maximum de personnes.

L’engagement des associations

Emmaüs Connect a mis en place dans ses points d’accueil des parcours d’accompagnement numérique en direction des personnes en insertion sociale et professionnelle. Cet accompagnement vise l’acquisition de compétences de base et la prise en main des principaux sites web et applications utiles au quotidien.
D’autres sont à destination des seniors : les associations Au Cours des Âges et E-Senior s’engagent, grâce à une formation adaptée, à apporter aux seniors les compétences nécessaires pour l’usage des nouvelles technologies. L’association Old’up (2), créée en 2008, propose des stages de formation au numérique réservés exclusivement aux personnes âgées de plus de 70 ans.

L’étude CSA préconise des recommandations pour permettre aux seniors, encore éloignés du numérique, de devenir des internautes. Réduire les inégalités de territoire en priorisant les zones blanches, rendre accessibles les équipements numériques, favoriser les usages numériques en démontrant leur intérêt, savoir associer Internet au plaisir de l’utiliser, humaniser les démarches en ligne et l’accès aux droits.

Ce ne sont que quelques exemples. Il faut également citer les formations proposées par Simplon.co, atelier solidaire de fabrication digitale à destination des acteurs de l’économie sociale et solidaire. Il s’adresse en priorité à des publics encore peu représentés dans le numérique : les femmes, les non-diplômés, les personnes originaires de quartiers prioritaires ou de zones rurales, mais aussi à des personnes en reconversion. Il assure aussi bien des formations de développeurs que de découverte du numérique.
Les initiatives se multiplient et vont donc progressivement réduire la fracture numérique.

(1) « L’exclusion numérique des personnes âgées » : étude réalisée par le CSA pour les petits frères des Pauvres, septembre 2018,
(2) www.oldup.fr