Actu revendicative


Faire du contrat social un droit opposable à l’austérité


La crise des dettes publiques réclame des plans d'austérité drastiques, en France comme dans de nombreux pays européens. Peu efficaces pour réprimer les ardeurs des spéculations financières, ils infligent une rigueur sans précédent sur le social, ils se paient même le luxe de sanctionner le politique. L'ampleur de leurs conséquences en 2012 est imprévisible.

Tant le fragile équilibre de l’Europe, les menaces sur l’euro, les perspectives de récession économique, les coups de griffe sur la protection sociale et les services publics, commencent déjà par larguer par-dessus bord des milliers et des milliers de personnes dans la précarité voire l’exclusion.

Un récent rapport de l’OCDE dénonce un accroissement des inégalités partout. Il relève qu’en France les services publics et les systèmes de protection sociale ont permis jusqu’ à ce jour de contenir la dérive des inégalités. Or c’est précisément sur ces secteurs que le gouvernement français a choisi de faire porter les efforts de redressement des finances publiques.

Sous couvert de mesures moins gênantes pour l’activité économique, la rigueur ronge les piliers historiques de la solidarité et de la cohésion sociale. Les efforts ciblent essentiellement les systèmes de santé, de retraite, d’aides sociales sans épurer un système fiscal ancré dans une redistribution à l’envers.

Mais la France reste malade de ses inégalités. Entre 1998 et 2008 l’écart de revenus entre les plus riches et les plus modestes s’est accru passant de 6 à 6,7. Les réformes pour accentuer la compétitivité économique ont aussi contribué à accroître ces inégalités.

La discipline budgétaire empire ces situations. Comme ailleurs, elle touche principalement en France les classes moyennes et défavorisées, malgré les efforts du Premier ministre pour convaincre du contraire.

Pour certains, cette crise n’est que prétexte à servir les intérêts d’un libéralisme financier exacerbé. En tout état de cause, les remèdes se sont exonérés jusqu’à présent de la redistribution et de la solidarité nécessaires à réduire les inégalités.

Pour la CFDT Retraités, il faut faire du contrat social un droit opposable à l’austérité. Elle appelle en ce début d’année les gouvernements, français mais aussi ceux de l‘Europe, à mettre au clair au clair leurs choix politiques dans cet objectif.

Ombretta Frache, secrétaire nationale

Ombretta Frache par Pierre Cornuel