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Faire sa vie dans les campagnes en déclin


Benoît Cocquard, jeune sociologue, revient enquêter sur son village d’origine, dans le Grand Est, partie de la France oubliée, auprès de ses anciens camarades, auprès de ceux qui sont restés au village.

Alors que lui, comme ceux qui ont fait des études après le bac, dont beaucoup de filles, sont partis vivre dans une ville, la plus proche étant à plus de 50 km. Il nous décrit un monde d’hommes, un monde de culture rurale basée sur des appartenances collectives, sur la peur du « qu’en-dira-t-on », s’invitant de manière très régulière les uns chez les autres, « le clan d’amis ».

Sur un écosystème de sociabilité amicale, mais une appartenance qui rejette certains villageois, « les cassos », « ceux qui ne travaillent pas et ne valent rien » mais aussi ceux qui « ne sont pas d’ici ». Ce repli sur les foyers et non plus sur les cafés crée un sentiment d’identité qui permet de s’opposer à « ceux ou celles qui partent ».

Du eux/nous, au « déjà, nous », une tension autour du racisme, un glissement vers la droite et l’extrême droite. Le travail se fait rare, les clans se renforcent pour « faire passer les potes avant tout ».

Danielle Rived

Ceux qui restent, Benoît Coquard, La Découverte, 2019, 211 pages, 19 euros.