Action internationale


Ferpa : « Nous avons beaucoup à apprendre, à partager et à construire ensemble »


Michel Devacht nous représente dans les instances de la Ferpa (Fédération européenne des retraités et personnes âgées). On l'interroge sur la place de la Ferpa et son activité. « Brasser nos diversités est une richesse irremplaçable et indispensable pour obtenir des avancées. »

La CFDT Retraités adhère à la Ferpa. Peux-tu présenter cette organisation ?

Michel Devacht. La Ferpa (Fédération européenne des retraités et personnes âgées), jeune structure syndicale européenne, regroupe les organisations de retraités appartenant à la CES (Confédération européenne des syndicats). Son fonctionnement repose sur un congrès organisé tous les quatre ans. Il élit un comité de direction chargé de la gestion au quotidien. Le comité exécutif composé de l’ensemble des organisations se réunit deux fois par an pour valider les orientations prises. Plus récemment ont été instaurées des assemblées générales annuelles autour de thèmes. La dernière vient de se tenir à Bucarest : avec Francine Marie, j’y ai représenté l’UCR CFDT. Si la Ferpa est l’organisation des retraités au sein de la CES, pour diverses raisons elle n’occupe pas encore toute la place qu’elle devrait y avoir.

Toutes les organisations de la CES sont-elles présentes à la Ferpa ?

Une grande majorité car nous avons une difficulté particulière avec les organisations d’Allemagne et des pays nordiques qui ne siègent pas à la Ferpa. En effet les organisations de ces pays – principalement le DGB et LO - font des choix différents quant à l’organisation de leurs retraités. Ces derniers étant soit rattachés à leur syndicat professionnel d’origine pour l’Allemagne, soit regroupés au sein d’associations pour les pays nordiques.

Quel est le rôle de la Ferpa et les principaux dossiers traités ?

La Ferpa doit faire face aux situations les plus diverses selon les pays. Par exemple sur le pouvoir d’achat, je reviens de Bucarest où les retraites se situent entre 200 et 400 euros. Donc prioritairement la Ferpa travaille à une meilleure connaissance réciproque des situations dans le but d’arriver à tirer vers le haut les situations les plus basses. Même si la Ferpa s’intéresse à tous les sujets sans tabou, l’axe principal concerne les dossiers touchant directement les retraités. Parmi les plus fortement pris en charge on trouve le pouvoir d’achat, la solidarité intergénérationnelle, la protection sociale dont les soins de santé, la perte d’autonomie ou encore le travail des seniors…

Quelles sont les prochaines étapes concernant la Ferpa et donc l’UCR ?

Il y en a pas mal mais j’en mettrais deux en exergue. La Ferpa s’inscrit totalement et activement dans l’activité de la CES : nous mobiliserons donc massivement pour la journée d’action du 29 septembre afin de porter entre autres les revendications des retraités. D’autre part nous allons être rapidement dans la phase préparatoire du prochain congrès de la Ferpa en mai 2011, sans doute en Italie.
Propos recueillis par Jean-Paul Rueff

Qu’apporte à notre syndicalisme l’implication dans la Ferpa ?

En premier lieu nous ne devons pas oublier que nous sommes européens : nous avons beaucoup à apprendre, à partager et à construire ensemble. Brasser nos diversités est une richesse irremplaçable et indispensable pour obtenir des avancées. Il faut aussi intégrer que le nombre des retraités va progresser. Notre conception du syndicalisme privilégie leur organisation au sein du syndicalisme plutôt que dans des associations trop souvent corporatistes ou catégorielles. Il convient aussi de noter que la CFDT Retraités est très fortement reconnue au sein de la Ferpa pour ses apports. Par conséquent nous sommes sollicités pour participer à des initiatives d’organisations européennes.

Michel Devacht et Francine Marie lors de l’AG de la Ferpa à Bucarest