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Françoise Pigenel : Proche, libre et fidèle


Sa carte de visite pourrait donner une impression de cumularde : secrétaire générale de l'UTR et de la SSR Agro des Vosges, membre du bureau de l'URR et de l'UFR, membre du conseil de l'UCR… Françoise serait-elle une bête syndicale comme d'autres le sont en politique ? À vrai dire, sa fonction de secrétaire adjointe de l'Union locale des retraités de la Plaine des Vosges correspond bien à l'image qu'elle donne et à ce qu'elle est : proche, libre et fidèle.

Proche. Voilà sans doute un des maîtres mots qui caractérise Françoise. Dès qu’elle entre quelque part, elle se sent attirée par les activités sociales. Celles du CE de Vittel (3 000 salariés à l’époque) avec un engagement dans les affaires sociales, la commission Loisirs, les arbres de Noël, durant 15 ans. Puis plus encore, quand elle sera élue au CE, et en deviendra permanente.

« On m’a affublée d’un sobriquet, « Poule », la « mère Poule » de tous les jeunes que j’accompagnais dans leurs démarches administratives. Une époque chaleureuse : on servait à quelque chose ! » assure-t-elle. De fait, elle l’avoue : « Je suis assez à l’écoute, avec sans doute un petit côté Mère Térésa. Sans les étouffer, je ne peux pas laisser les gens sans les aider. En fait c’est eux qui m’appellent… et qui m’étoufferaient. »

Autre caractéristique de Françoise, sa liberté. En fin de seconde, elle part à Nancy faire des shampoings dans un salon de coiffure. Elle y restera 15 jours : « Ce n’est pas ce que je veux ! » Elle se lance alors dans un BEP de secrétariat. Son père lui aurait bien proposé un poste dans l’ébénisterie familiale. Elle préférera quitter le cocon, et le village… Elle fait les petites annonces et entre au service Formation des coopératives de Lorraine. Cela durera deux ans.

Mais plus encore que tout, ce qui frappe c’est sa fidélité. Fidélité d’abord à son territoire : « J’y suis née, j’y ai vécu, travaillé… Je ne quitterai pas les Vosges. » Fidélité également à ses engagements : « Je ne quitterai pas non plus la CFDT. J’y ai mes amis, mon travail, notre vie. »

Fidélité aussi à son entreprise. « 15 décembre 69 » : Elle connaît par cœur la date de son entrée à l’entreprise Vittel. Elle passera par le service achat, sera preneur d’ordre au service force de vente, assurera saisie et facturation au service comptabilité. Toujours chez Vittel.

Mais fidélité surtout à ses compagnons de travail : « La bureautique arrivait. Le directeur a décidé de mettre un ordinateur devant chaque secrétaire. Aucune n’était formée. Au sein du CE, je suis devenue le référent Formation jusqu’à 30 jeunes embauchés en contrats emploi solidarité. Nous les avons formés durant 3 mois. J’étais avec eux !

Il fallait répondre aux exigences administratives de la préfecture et au management. Et on a pu ensuite permuter avec les secrétaires pendant que les jeunes les remplaçaient. Mais toutes les personnes qui sont passées par là ont été embauchées dans l’entreprise. »

En fin de carrière, la direction des ressources humaines, lui propose de « retourner au travail » jusqu’à mon départ en retraite. Liberté oblige, « j’ai pris un an pour m’organiser avant de partir. »

« Quand tu es en retraite, tout est possible. » Sa caisse de retraite cherchait à créer une amicale des anciens de la boîte. « On était une bande de potes. On a créé l’amicale… et une section syndicale de retraités CFDT de l’agroalimentaire. De même, je n’étais pas prête à aller chez les retraités. Il y a eu un forum à Epinal pour les mandatés CFDT.

L’UTR y tenait un stand. J’y suis allée voir. L’UTR c’est autre chose que des vieux. J’ai toujours été convaincue que l’interpro apportait beaucoup. »

Daniel Druesne

Françoise Pigenel ne quittera ni les Vosges ni la CFDT