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Guy Ruchaud, chômage, reconversions et… présidences


Guy Ruchaud conjugue le verbe « militer » au présent. La retraite l’a projeté vers le sommet de la vie. Il avait pensé laisser à ses petits-enfants quelques traces de son parcours militant. Son intention se limitait à quelques pages : une quarantaine. Grâce à la conviction et au soutien d’un de ses camarades, ces quelques feuillets sont devenus ouvrage (1) : le cheminement d’un militant et une tranche de l’histoire du mouvement ouvrier vendéen.

Après une enfance dans un milieu familial simple et une scolarité studieuse, un certificat d’étude en poche (premier du canton !), Guy découvre à 14 ans le travail… du bois. Il en rêvait depuis l’âge de 7 ans. Apprenti charron et carrossier, c’est avec les copains qu’il découvre la Jeunesse ouvrière chrétienne, la Joc. Un peu plus tard, à 18 ans, il adhère à la CFTC. Commence une période riche de relations humaines et de solidarité, dans l’action qui se poursuivra dès le service militaire accompli.

Accompagnant et menant des actions en milieu professionnel, il en paie assez rapidement les conséquences. Il est licencié. Beaucoup de portes se ferment et il connaît, comme de nombreux autres militants, le chômage. Repartir ne sera pas facile. Grâce au soutien des copains, il retrouve un poste d’OS dans la métallurgie. Il lui faut repartir de zéro. Cela n’entamera cependant pas sa détermination et très vite, il se retrouve délégué du personnel. On a la fibre ou on ne l’a pas.

En psychiatrie

Son engagement professionnel l’amène à siéger au sein de l’UD où, très rapidement, il lui est proposé de développer l’organisation sur le département. Une nouvelle vie commence : tâche ardue, mais passionnante. Ces douze années passées à défricher et à organiser le syndicalisme, émaillées d’actions et de conflits importants, l’ont enthousiasmé et conforté dans les valeurs auxquelles il était et reste attaché. Il a beaucoup donné, mais aussi beaucoup reçu, notamment dans les moments de convivialité et d’amitié vécus pendant les sessions de formation et notamment les Éno (école normale ouvrière), où militants assemblés refaisaient le monde. Ces Éno sont pour beaucoup dans le développement de l’organisation, l’approfondissement de ses valeurs et son évolution. Guy a été un moment chargé de la formation régionale. Il en retient notamment une session « enrichissante » sur la place des femmes dans l’organisation. Il fut également membre de la commission confédérale de formation.

Soucieux du développement de la CFDT et n’imaginant pas y faire carrière, il a sagement préparé la relève et sa reconversion, laquelle, avec son passé, n’était pas des plus aisées. Le social lui a semblé être le plus susceptible de l’accueillir. C’est ainsi qu’on lui a proposé de travailler dans le secteur hospitalier psychiatrique, afin de mettre en place une structure de réinsertion.

Pour Guy, une conviction : « Le militantisme construit une société plus humaine et plus fraternelle. » (photo DR)

Humain et fraternel

Une nouvelle vie s’amorce, avec la responsabilité d’une petite équipe accompagnant des personnes fragilisées par la vie, afin de leur permettre de reprendre pied dans la société. La coopération avec les psychiatres et l’équipe médicale fut prenante, mais passionnante.

Novatrice, cette activité s’est peu à peu développée et structurée sur le plan national par la mise en place d’une association : le Comité national d’études et de recherches des équipes de préparation et de suite (CNERPS). Guy en fut président pendant quatre ans. Dans le même temps, il a assumé la responsabilité de maire adjoint de La Roche-sur-Yon, ville de 50 000 habitants. L’âge de la retraite arrivé, il reprit du service dans une association d’aide aux chômeurs dont il devint rapidement… président.
Au total, une vie militante bien remplie dont l’ouvrage rend compte dans le détail. Un engagement voulu par son auteur, pour qui « le militantisme est source de développement personnel au service de la construction d’une société plus humaine et fraternelle ».

Guy Gouyet

(1) Guy Ruchaud, Parcours d’un militant, Geste éditions / Témoignage.