Actu revendicative


Hausses des pensions 2011


Avec + 2,1% au 1er avril, l'augmentation des pensions de base pour 2011 reste strictement conforme à la règle. Alors que la pression inflationniste est à nouveau un sujet d'inquiétude, le soutien au pouvoir d'achat des plus modestes est légitime. Mais il n'apparaît pas à l'ordre du jour.

Plus 2,1% avec effet au 1er avril : c’est l’augmentation des pensions de retraite de base pour l’année 2011 (ainsi que les régimes spéciaux ayant les mêmes règles). Depuis 2009, la Commission économique de la nation détermine le taux de revalorisation des retraites. Cette instance regroupe économistes, syndicalistes et représentants de certaines institutions. Elle se réunit deux fois par an pour discuter de la situation économique et arrêter les revalorisations des pensions. Ainsi la prévision d’inflation pour cette année en France a été relevée à 1,8%, contre 1,5% auparavant. A cette prévision, s’ajoute, conformément à la règle, un rattrapage de +0,3 point, correspondant à la différence entre l’inflation 2010 constatée et la prévision ayant servi pour la hausse des pensions en avril 2010.

Fin 2010, le gouvernement tablait sur une progression des prix à la consommation de 1,5% en 2011. Toutefois nous vivons un rebond surprise de l’inflation. La flambée des cours du pétrole et des matières premières conduit à réviser la prévision à la hausse. Le prix du pétrole, très incertain, pourrait significativement conditionner l’inflation de l’année 2011. La hausse de l’euro atténue pour le moment cette hausse. La hausse des prix hors tabac s’élève à +0,5% en février et +0,8% en mars (voir graphique).

Effet immédiat sur le budget des ménages

Cette tendance de fond à la hausse des prix du pétrole ou des produits alimentaires est poussée par une hausse régulière de la demande au niveau mondial. Une demande tirée par un formidable accroissement de la population mondiale qui passera de 6,7 milliards d’individus aujourd’hui à 9 milliards en 2050. Et par le développement des pays émergeants, Chine en tête, dont les pratiques de consommation de plus en plus proches de celles de nos pays dits « développés ».

Selon certains experts, il faut s’attendre à des crises de plus en plus régulières avec d’une part des risques de pénuries pour les populations les plus démunies et d’autre part des pressions inflationnistes dans nos pays.

Quoi qu’il en soit ces augmentations auront un effet immédiat sur le budget des ménages. L’inflation de 2010, pourtant contenue, intègre des hausses parfois spectaculaires : fioul domestique +23,2%, gazole et GPL +14,6%, légumes frais +11%, assurance automobile +6,6%. Face à la flambée des prix de l’énergie (+15% en un an selon l’Insee), le gouvernement a décidé de geler les prix du gaz jusqu’à l’élection présidentielle et de freiner les hausses du tarif de l’électricité.

Pas sûr que ces mesures soient suffisantes pour atténuer l’impact des ces fortes hausses sur le pouvoir d’achat des ménages, surtout des plus modestes. Jusqu’ici le gouvernement ne semble pas disposé à soutenir le pouvoir d’achat des plus modestes.

Ombretta Frache

L’impact sur les retraites complémentaires

La revalorisation des retraites des régimes complémentaires obligatoires Arrco Agirc des salariés du secteur privé interviendra au 1er juillet 2011 avec effet rétroactif au 1er avril 2011. Les retraites Arrco (tous salariés) augmenteront de 2,11% et celles servies par l’Agirc (salariés cadres au-dessus du plafond) de 0,41%.

Ces revalorisations résultent de l’accord qui vient d’être négocié entre les partenaires sociaux et que la CFDT a signé. Il prévoit, entre autres dispositions, un nouveau mode d’indexation des retraites servies par ces régimes. Dorénavant, elles évolueront conformément à la hausse du salaire moyen Arrco-Agirc moins 1,5 point, sans que cette augmentation puisse être inferieure à celle de la moyenne annuelle des prix hors tabac.