Action internationale


Hongrie, Roumanie, Croatie : l’Europe entre inquiétudes et espoirs…


Démocratie menacée en Hongrie, crise sociale en Roumanie, adhésion de la Croatie, trois actualités nécessitent une Europe capable de veiller aux évolutions de situations. Car rien n'est définitivement acquis pour le devenir des peuples que constitue l'Union européenne.

Tout pays candidat à l’Union européenne doit répondre à trois critères fixés par le Conseil européen à Copenhague en 1993. Des critères politiques avec des institutions stables, un État de droit, démocratique, respectueux des Droits de l’Homme, et des minorités. Des critères économiques avec une économie de marché. Et enfin la capacité d’assumer ses obligations, de souscrire aux objectifs de l’Union politique, économique et monétaire.

Élus mais ne respectent pas le droit de l’UE

Si la Hongrie, présentait aujourd’hui sa candidature d’adhésion à l’UE, celle-ci serait-elle recevable ? Pas sûr, au regard de son actuelle Constitution qui serait contraire au droit de l’Union européenne en ce qu’elle remet en cause l’indépendance de la banque centrale, des instances nationales de protection des données, et comporte des dispositions affectant le système judicaire et la liberté d’expression. Le Premier ministre, Viktor Orbán, et les autorités politiques hongroises sont issues d’élections démocratiques. Là est tout le paradoxe. Et pour les Européens, comment réagir à bon escient au nom des valeurs qui fondent les traités de l’Union sans provoquer l’effet inverse de ce qui est souhaité : le respect de la vie démocratique, du droit d’expression, de la liberté de circuler, de s’organiser… ?

La Commission européenne a ouvert le 17 janvier une procédure concernant la nouvelle Constitution hongroise. « La Commission européenne est déterminée à prendre toute mesure légale nécessaire pour assurer le respect de la législation européenne. » Ce 16 février, le Parlement européen a adopté une résolution pour l’arrêt des atteintes aux libertés civiles, rejoignant ainsi, dans leurs actions, les forces syndicales, associatives, et plus largement la société civile organisée.

Viktor Orbán, Premier ministre hongrois. (photo Europa)

Crise sociale

La Roumanie est secouée depuis plusieurs semaines par des manifestations dont la spontanéité reste à démontrer. Elles sont l’expression de l’impopularité des mesures d’urgence prises par recours aux ordonnances, sans consultation du Parlement. Percutée par la crise, la Roumanie a emprunté 20 milliards d’euros en 2009, 12,9 milliards ont été assurés par le FMI. Les salaires des fonctionnaires ont été réduits de 25%, les retraites de 15%. Et la TVA est passée de 19 à 24%. Le projet de réforme du système de santé a mis le feu aux poudres, avec la démission du fondateur du service d’urgence mobile qui bénéficie d’une large popularité.

28e État membre

Espoirs enfin avec la Croatie qui a décidé par référendum d’adhérer à l’Union européenne par 66,25 % de « oui » même si le taux de participations n’est que d’environ 40%. La Croatie sera donc en juillet 2013, le 28e État membre et le premier État des Balkans à intégrer l’Union européenne. C’est une démocratie parlementaire, membre de l’Otan depuis 2009 qui compte 4, 2 millions d’habitants. Le tourisme est la principale activité économique, le salaire moyen est de 715 euros. Le pays fut, avec la Slovénie, le premier à proclamer son indépendance à l’éclatement de l’ex-Yougoslavie.

Jean-Pierre Bobichon

Martin Schulz, nouveau président du Parlement européen

Allemand, socialiste, Martin Schulz succède au Polonais Jerzy Buzek, ancien militant de Solidarnosc, dans le cadre de l’alternance politique, à la présidence du Parlement européen. Francophone, ancien libraire, il s’est fait remarquer, entre autres, en 2009, pour avoir empêché Jean-Marie Le Pen de présider la séance inaugurale en tant que doyen d’âge du Parlement européen.
JPB