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1er mai 2024 CONFERENCE :
l'Europe en 2024, avec la CFDT du Pays de Redon
Le 1er mai, la fête du travail est adoptée par de nombreux pays y compris en Europe. C'est ce moment
particulier, à la veille de nouvelles élections européennes, qu'a choisi la CFDT, pour lancer les discussions
sur l’Europe aujourd’hui en 2024.
La CFDT, rappelle son fort engagement dans la création et le développement de la CES (Confédération
Européenne des Syndicats) ainsi que dans la FERPA (Fédération Européenne Retraités et Personnes
Agées). Notre action syndicale permanente a visé à faire évoluer l’Europe Sociale.
Pour cette conférence a été invité Jean Michel Boullier, ex cadre au sein de la Commission européenne,
qui nous parlera de la Communauté Européenne, une réalité quotidienne que nous ne pouvons pas
ignorer avec des décisions communautaires qui ont des impacts économiques, sociaux, fiscaux,
monétaires, et touchent tous les domaines du citoyen.
Un second invité, Thiébaut Weber, ancien responsable de la CES ( Confédération européenne des
syndicats) pour la CFDT, traitera de la question : Qu'en est-il et qu'en sera-t-il de l'Europe
Sociale ... qui, si elle préoccupe beaucoup le monde du travail et les syndicats de salariés, ne semble pas
être une priorité pour nos élus européens.
La conférence ouverte à tous et à toutes a regroupé une cinquantaine de personnes à la maison des
Associations de Redon, à Redon en Ille et Vilaine.
Christian TAUPIN, président adjoint de l’Union Locale des Retraités de Redon, a ouvert la conférence :
Bonjour à toutes et à tous !
Tout d’abord, j’excuse notre Présidente, Agnès Rouxel, indisponible ce mercredi.
Merci d’être aussi nombreuses et nombreux ce matin.
Merci aussi à nos deux invités de venir jusqu’à Redon pour nous faire partager ce qu’ils ont vécu lors de
leurs responsabilités au niveau européen :
Jean-Michel au sein de la Commission Européenne et Thiébaud à la Confédération Européenne des
Syndicats (CES) au titre de la CFDT. Ils vont nous en parler dans quelques instants
Avant de leur laisser la parole, je rappelle ce que dit la CFDT pour le scrutin du 9 juin :
« Chaque vote construit l’Europe, le 9 juin, je vote ! »
Ces élections établiront la nouvelle composition du Parlement Européen. L’enjeu est considérable pour
peser sur les orientations de la nouvelle mandature .Comme d’habitude, la CFDT ne donne pas de
consignes de vote mais appelle à faire barrage à l’extrême-droite dont on sait ce que cela entrainerait,
notamment comme recul social et pour les droits des femmes, puis, à terme, la dislocation de l’Europe
En quelques mots, la CFDT veut une Europe plus démocratique, plus sociale, à la pointe de la lutte contre
le changement climatique, une politique migratoire commune et fidèle à ses valeurs.
Jean –Michel va nous parler maintenant de l’architecture européenne puis Thiébaud de L’Europe
sociale.
Ensuite, vous aurez, bien sûr la parole pour échanger avec eux.
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Jean-Michel nous explique le fonctionnement des institutions européennes.
Mais auparavant, quelques mots sur ce qui a changé par rapport aux 5 ans passés :
Aujourd’hui, il y a une exigence forte de protection de la part des citoyens.
L’Union Européenne doit se protéger elle-même et l’enjeu des 5 années à venir est de construire l’Union
Européenne de la défense c’est une exigence absolue.
C’est vital pour la démocratie qui est remise en question par Poutine et de nombreux pays (Iran, Corée, …)
L’Union Européenne compte 4 grandes institutions :
- Le Parlement Européen (Bruxelles, Strasbourg, Luxembourg)
- le Conseil Européen (Bruxelles)
- le Conseil de l’Union Européenne (Bruxelles, Luxembourg)
- la Commission (Bruxelles, Luxembourg et représentations dans toute l’UE)
- Le Parlement :
Le Parlement compte 705 députés élus, répartis en 7 groupes, dont 2 d’extrême droite.
La France a droit à 81 représentants donc aux prochaines élections de juin, les différents listes comportent
81 noms.
Le parlement a un rôle législatif : il vote les lois et les directives
mais il n’a pas l’exclusivité de la législation
Il doit y avoir consensus car le Parlement co-décide avec le Conseil de l’Union Européenne.
Le Parlement Européen est élu directement par les citoyens pour un mandat de 5 ans.
Il contrôle la Commission et le budget.
Le Parlement nomme le Président de la Commission au vu du résultat des élections.
Chaque pays propose un commissaire que le Parlement valide ou non .
actuellement c’est Thierry Breton pour la France
- Le Conseil Européen : est politique
27 chefs d’états et de gouvernement y participent
- Le Conseil de l’Union Européenne : il comporte 27 ministres
Charles Michel en est actuellement le président.
Le Conseil de l’UE est représenté pour les affaires étrangères par un haut représentant qui est actuellement
Joseph Borel (Espagnol)
Le Conseil de l’UE est chargé de donner les grandes lignes à suivre –
Les décisions sont prises secteur par secteur : un ministre par pays votre la décision .
La décision doit être unanime pour certains domaines :
- l’élargissement
- les comptes
- changer les traités
Le mandat est de 5 ans.
- La Commission Européenne :
Elle a un rôle exécutif, elle ne prend aucune décision
Son président est élu par le Parlement.
Elle compte 27 commissaires approuvés par le Parlement sur proposition de la commission.
Le collège des Commissaires se réunit chaque semaine. La Présidente actuelle est Ursula von der Leyen.
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Les Directions Générales ont leur siège à Bruxelles. Chaque direction a son propre bâtiment. Il y a environ
30 000 personnes en tout qui y travaillent .
Elles travaillent par secteurs, par exemple : l’Agriculture et le développement rural, l’éducation et la
culture, ….
La Commission travaille en toute INDEPENDANCE : c’est primordial
Les critères de jugement doivent être objectifs et non partisans indépendants par rapport au pays du
commissaire. Elle représente l’intérêt général et pas du tout un pays.
La Commission a un pouvoir d’initiative de la proposition des lois.
Elle est la gardienne des traités.
D’autres institutions importantes émettent des avis et sont responsables de la gestion des aspects judiciaires
et financiers :
- la Cour des Comptes Européenne (Luxembourg)
- la Banque Centrale Européenne (Francfort)
- la Cour de Justice de l’UE (Luxembourg)
Certaines institutions sont consultatives, tel le Conseil Economique
Un médiateur est élu pour 5 ans par le Parlement pour régler les conflits.
Le travail d’un Commissaire
Il est responsable de certaines actions décidées par le parlement.
Des appels à projets sont lancés : pour chaque action à mener, il y a un certain nombre de projets qui
candidatent. 50 projets sur 200 sont retenus .
Choix des projets
Pour choisir les projets, la Commission recrute des experts indépendants.
2 experts évaluent individuellement chaque projet , sur des critères prédéfinis. Puis les conclusions sont
mises en commun. Si 2 experts ne sont pas d’accord, un troisième expert est consulté.
Suite au débat, les experts donnent un avis qui aide la commission à prendre une décision .
En cours de réalisation du projet, un rapport intermédiaire est émis, puis un rapport final.
Cela conditionne le paiement du projet.
Langues parlées :
Il y a 20 langues officielles et 3 langues de travail : allemand, anglais, français.
Les personnes recrutées doivent faire des stages intensifs de langues si besoin.
Le lobbying
Tout projet doit être transnational : il doit concerner 6 Institutions dans 6 Pays différents.
Les lobbys essaient parfois de faire pression s’ils sont proches d’un projet refusé.
La Commission les renseignent de façon indépendante avec des explications basées sur des critères et des
notes : il faut être INATTAQUABLE.
Le fait qu’une commission soit inattaquable, se sait et les lobbies n’essaient pas de la corrompre.
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Thiebault : Qu'en est-il et qu'en sera-t-il de l'Europe Sociale
Historique
En 1973 a eu lieu une conférence européenne des syndicats pour bâtir l’Europe Sociale.
En 1985, Jacques Delors, alors Président de la Commission Européenne, a relancé le dialogue social et
économique par le processus dit de Val Duchesse, avec le patronat et les organisations syndicales.
Des accords sont négociés au niveau national. Les co-législateurs établissent alors des textes pour les
directives .
En 2004, José Manuel Barroso, président de la Commission n’incite pas les patrons à venir négocier : il n’y
aura donc pas de négociations patronales avec les syndicats.
En 2017, un projet établit un pilier des droits sociaux. C’est un texte cadre pour fixer un cap et relancer le
programme social
Travaux en cours
Les salaires :
Avant de fixer un salaire minimum pour toute l’Europe, il faut des négociations collectives pour converger
dans un premier temps vers des salaires minimums.
Les plateformes de livraisons rapides :
la version dure est la présomption de salariat
le droit à la déconnection
Le dialogue social : un équilibre est à trouver avec la démarche politique
L’extrême droite, très libérale, ne souhaite pas de dialogue social
La directive CSRD : la législation oblige les entreprises à un devoir de vigilance .
Les entreprises doivent fournir des données environnementales, sociales et de gouvernance.
Les enjeux
Jusqu’à présent, la convergence économique a primé, maintenant, il faut avancer sur la convergence des
salaires : c’est nécessaire pour ne pas mettre les salaires en concurrence.
Ce qu’il faudrait travailler :
la dignité des travailleurs
les risques au travail
le parcours professionnel et les formations
l’accompagnement lors de mutations géographiques
un vrai investissement de l’Europe sur la transition écologique
établir une politique de planification industrielle pour anticiper les besoins
(nos entreprises manquent de vision)
Le secteur photovoltaïque : l’absence de stratégie de l’Europe, a laissé le champs libre à la concurrence
étrangère. L’Europe a perdu de nombreux emplois.
L’Europe doit veiller qu’il n’y ait pas de monopole
CONCLUSION : Christian rappelle que le 9 JUIN 2024 NOUS VOTONS