
Nous, directrices et directeurs,
poussons un cri d’alerte !
Chères concitoyennes, chers concitoyens, à vous, décideurs et responsables publics,
Nous, directrices et directeurs d’établissements et de services pour personnes âgées, élevons
aujourd’hui une voix commune, un cri d’alerte face à une situation devenue intenable.
Nous portons la responsabilité de structures au cœur de l’accompagnement des personnes âgées,
un maillon essentiel de notre société qui se veut solidaire et bienveillante. Nous sommes au service
de personnes âgées vulnérables et de leurs familles, veillant chaque jour à la dignité, au bien-être
et la sécurité de tous.
Gérer un établissement ou service pour personnes âgées, c’est avant tout un engagement humain
profond fondé sur des valeurs fortes de respect de la personne et de solidarité. Cet engagement
est confronté, aujourd’hui, à des défis majeurs qui menacent notre avenir.
Les établissements que nous dirigeons doivent composer avec une gestion complexe des
ressources humaines, une réglementation dense et des contraintes budgétaires croissantes.
Chaque jour, en tant que directeurs, nous nous retrouvons souvent seuls à jongler entre des
injonctions paradoxales : être des gestionnaires rigoureux tout en restant des garants de l’humain,
des leaders bienveillants dans un univers contraint.
Nous devons assurer la continuité de service 24H/24H, ajuster en permanence l’organisation du
travail trop souvent au détriment de la qualité de vie au travail des équipes. Nous sommes nous-
mêmes parfois amenés à remplacer au pied levé. La pression est permanente et elle a un coût
humain. Les professionnels du secteur éprouvent une fatigue physique et psychologique
grandissante, quelquefois jusqu’à l’épuisement.
Le système tient encore debout par l’engagement de toutes et tous qui le portent à bout de bras !
Jusqu'où pourrons-nous aller ? Quels sacrifices devrons-nous encore faire ? Certains de nos
collègues anticipent leur départ à la retraite, d’autres démissionnent et quittent le secteur. Nous
atteignons nos limites ! Le turnover ne concerne pas que les postes de direction, il touche aussi
les postes de cadres intermédiaires et l’ensemble des professionnels. Cette situation soulève la
question de la reconnaissance de nos métiers.
Les politiques publiques, bien qu’animées de bonnes intentions, ajoutent à nos difficultés. Nous
sommes priés d’innover tout en réduisant les coûts, d’améliorer la qualité sans moyens
complémentaires. Ces injonctions contradictoires nous éreintent et nous isolent. Nous ressentons
l’épuisement professionnel, l’impuissance face à l’énormité des besoins et l’absence de
perspectives réelles pour améliorer la situation. Nous sommes aussi des témoins directs des