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AG ULR REDON le 5 février 2026
Intervention de Jean Baptiste Blanchard sur les "80 ans de la Sécurité Sociale"
Bonjour à toutes et à tous et bonne année.
En raison de mon grand âge, notre ULR CFDT du Pays de Redon m'a sollicité pour
m'exprimer sur les 80 ans de la Sécurité Sociale.
Je profite de cette belle rencontre pour vous rappeler que je n'ai pas toujours été vieux.
Concernant le fonctionnement opérationnel de la sécu depuis sa
création en 1945, L'ULR aurait pu trouver plus qualifié que moi.
Lorsque le Conseil National de la Résistance a créé la Sécurité Sociale en octobre
1945, c'était 6 mois après l'armistice, j'avais 9 ans, donc trop jeune pour
comprendre, mais il me semble que les adultes de mon environnement eux
mêmes ne le comprenaient pas bien non plus. Par contre, ce qui demeure
gravé dans ma mémoire, et, que je vais essayer d' exprimer au mieux, c'est
l'état d'esprit de la population éprouvée physiquement et moralement par
cette affreuse guerre, au cours de laquelle, les privations de nourriture, la peur
de représailles, surtout pendant et après le combat des résistants du maquis de
Saint Marcel.
A partir de l'armistice, la suspicion généralisée, l'esprit de vengeance et l'envie de régler les
comptes persistaient. Avec ce traumatisme, à qui faire confiance ? Et pour cause, certains collabos,
heureusement minoritaires, s'étaient même habilement transformés en résistants de la dernière
heure. Dans ce contexte, la population avait de bonnes raisons de ne pas croire à l'existence d' un
conseil national de la résistance, celui là même qui élaborait un cadre social d'une importance
pourtant majeure.
C'est vrai que le nom de l'abominable et sanguinaire Pierre Laval* était plus connu que
celui de Pierre Laroque**.
Dans la tête des gens, la résistance était composée d' hommes et des femmes courageux qui,
par idéal et soif de liberté, plastiquaient les voies ferrées pour faire dérailler les trains qui
transportaient les chars, les canons, les mitrailleuses, et, bien sûr tuaient des allemands. Pour ce
genre de missions, seul le savoir faire pratique comptait, pas l'instruction.
A quoi aspiraient les Français en priorité? Ce dont je me souviens précisément, c'était de
pouvoir enfin, sans carte d'alimentation, se nourrir de vrai pain, et ne plus faire la queue en vain,
pendant des heures, devant les boulangeries. C'était aussi l'accueil des prisonniers survivants,
transformés mentalement, qui revenaient au pays. Pour d'autres, c'était, hélas, la réception des
cercueils plombés déposés, dans un premier temps, dans l'ancienne chapelle de la Salette qui se
situait rue de la Gare à Redon. Dans un deuxième temps, nous, les écoliers, assistions aux
cérémonies d'adieu.
Le Conseil National de la Résistance, c'était quoi ?
Et pourtant, la résistance était aussi composée d'hommes et de femmes d'horizons multiples,
de politiques d'opinions diverses, de communistes, de chrétiens, de syndicalistes CFTC et CGT et
aussi de curés. Dans ces groupes clandestins, il y avait heureusement des intellectuels militants et
combattants qui pensaient possible de construire un projet de société démocratique libre et
fraternelle, citoyenne et solidaire, C'étaient des militants qui, dès avant la guerre, avaient déjà
acquis le sens de l'avancée sociale collective.
Pour leur marche vers cet objectif de construction sociale, ils s'étaient référés à ce qui
existait en matière de protection sociale chez les marins et les mineurs.
UNION LOCALE DES RETRAITES CFDT du PAYS DE REDON site: www.cfdt-retraités.fr/Ille-et-Vilaine
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