Action internationale


Il y a 60 ans Robert Schuman


Il y a juste 60 ans, Robert Schuman posait les fondements de l'Europe : « Nous avons eu la guerre. L'Europe ne se fera pas d'un coup. Elle se fera par des réalisations concrètes, créant d'abord une solidarité de fait. Le rassemblement des Nations européennes exige que l'opposition séculaire de la France et de l'Allemagne soit éliminée… »

Le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères, dans une déclaration solennelle écrite, remaniée, peaufinée avec son complice Jean Monnet, ose lancer son plan pour mettre en place le premier marché commun entre six pays impliqués quelques années auparavant dans un grave conflit armé au sein de l’Europe : France, Allemagne, Italie, Luxembourg, Belgique et Pays-Bas.

Ces pays, que l’on nomme encore membres fondateurs de l’Union européenne, créent ainsi « une Communauté européenne du charbon et de l’acier », la Ceca. Le plan Schuman est mis en œuvre par le Traité de Paris, adopté le 18 avril 1951 il entre en vigueur le 25 juillet 1952 et il se termine comme prévu le 23 juillet 2002. Des institutions sont créées, qui sont encore celles d’aujourd’hui, adaptées au gré de la ratification des différents traités répondant aux besoins de l’évolution de l’architecture institutionnelle européenne.

Rendre la guerre impossible

Revenons en arrière. Le 7 mai 1950, Robert Schuman adresse une lettre au chancelier d’Allemagne Konrad Adenauer pour lui expliquer sa démarche et son projet. Le 8 mai le projet de texte est transmis à Konrad Adenauer qui donne son accord. Robert Schuman veut d’abord garantir la paix et contribuer au relèvement du niveau de vie. La gestion communautaire de l’industrie lourde de l’époque - secteur clé de l’économie de base de l’armement - doit rendre impossible toute nouvelle guerre entre les pays d’Europe occidentale.

Objectifs fondateurs réalisés ! Il n’y a plus eu un conflit armé entre des États membres de la famille européenne depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Cette constatation heureuse ne fait pas abstraction des conflits armés survenus suite à la dislocation de l’ex-Yougoslavie, ni de la fragilité actuelle de la situation dans la région des Balkans. Autant de réalités d’ailleurs tendant à démontrer la nécessité d’une Europe forte capable de poursuivre son objectif premier de garantir la paix.

Le 9 mai 2010 et les États généraux de l’Europe

Cette année encore plus que les précédentes, sera célébré dans les 27 États membres de l’Union européenne cet évènement historique sur lequel reposent encore aujourd’hui, 60 ans après, les fondations de l’aventure européenne.

Le samedi 17 avril à Strasbourg se tiendra la 3e édition des États généraux de l’Europe. Ouverte gratuitement au Palais de la musique et des congrès, deux thèmes guident cet évènement européen : le 60e anniversaire de la déclaration de Robert Schuman et les relations franco-allemandes.

L’association Notre Europe (www.notre-europe.eu), le Mouvement européen France (www.mouvement-europeen.eu), Europa Nova (www.europanova.eu) sont les coorganisateurs de cette journée européenne en partenariat avec une multitude d’associations, mouvements, organisations de la société civile organisée dont la CFDT.

Vous pouvez en savoir plus en allant sur le site dédié spécialement à cet évènement (www.etatsgeneraux-europe.eu).
Connaître l’Histoire pour mieux comprendre le présent et participer activement aux perspectives d’avenir de l’Europe, telle pourrait être l’opportunité de cet anniversaire pour le rendre actif et mobilisateur.

Pères de l’Europe

Cet anniversaire peut être l’occasion d’une démarche pédagogique, individuelle ou collective, en allant visiter les musées de quelques « pères de l’Europe » : Konrad Adenauer : www.adenauerhaus.de ; Alcide De Gasperi : www.degasperi.net ; Robert Schuman : www.cg57.fr ; Jean Monnet : www.jean-monnet.net Pour celles et ceux qui n’ont pas internet, demandez les coordonnées postales à la rédaction de Fil Bleu.