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Inégalités générationnelles d’hier et d’aujourd’hui


Le Français moyen né en 1850 était fils de paysan ou d'ouvrier. Il avait une chance sur quatre de mourir avant l'âge de cinq ans ! S'il survivait, il devait cesser l'école vers dix ans. Né cent ans après, en 1950, l'arrière-petit-fils de ce Français moyen était contremaitre, technicien ou instituteur. Il bénéficiait de près de dix années supplémentaires d'instruction, d'un pouvoir d'achat près de dix fois plus élevé, d'une vie presque deux fois plus longue.

L’auteur de ce constat criant, Louis Chauvel (1), nous apprend encore dans son ouvrage que ce destin constamment ascendant pourrait n’être qu’une réalité de long terme, et une illusion de court terme. Les guerres, les crises majeures, parfois les épidémies, sont autant d’évènements collectifs qui remettent en cause cette marche du progrès générationnel.

A la CFDT, nous savons que ce progrès est percuté par le développement des contrats précaires, passage souvent obligé dans l’accès des jeunes à l’emploi et pour certains salariés toute leur activité. A cette inégalité d’emploi et de revenu, se cumule celle de l’accès au logement.

L’illettrisme croît avec l’âge

Plus de trois millions de personnes sont en situation d’illettrisme dans notre pays.
Très souvent on pense qu’il s’agit des jeunes. Hors cette situation concerne en majorité des plus de 45 ans : 9% des 18-25 ans, 15% des 26-35 ans, 23% des 36-45 ans, 30% des 46-55 ans et 23% des 56-65 ans. Prévenir l’effritement des connaissances tout au long de la vie et faire de la consolidation des compétences de base une donnée constamment intégrée dans la formation tout au long de la vie sont des priorités de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI).

Les jeunes sont à nouveau en première ligne. Selon Manuel Domergue(2), les moins de 30 ans doivent consacrer en moyenne 18, 7% de leurs revenus pour leur logement, les quarantenaires 12, 2 %, les 50 et 64 ans (6,8%), les plus de 65 ans (4,3%). La situation s’est renversée, comme l’indique Guillaume Duval (3), les pauvres étaient pour l’essentiel jusqu’au début des années 70, des personnes âgées. Aujourd’hui, les jeunes sont largement touchés par la pauvreté.

Avec la crise économique et financière qui s’installe, le déclin des nouvelles générations se précise tout particulièrement au sein des catégories populaires. D’après Louis Chauvel, cela atteint même le taux de mortalité. Chaque année, le gain moyen de plusieurs mois d’espérance de vie est essentiellement le fait de la baisse de la mortalité au même âge des plus de 50 ans, alors que la mortalité entre 30 et 40 ans a progressé.

Chaque adhèrent retraité est souvent témoin et impliqué dans ces nouvelles situations familiales et relationnelles. La solidarité intergénérationnelle dans ses choix personnels tout en soutenant sur les réformes que portent la CFDT devient incontournable.

Jacques Rastoul

(1) Louis Chauvel, « Le destin des générations », Presse Universitaires de France, 2002.
(2) Manuel Domergue, « Les générations face au logement », Hors série d’Alternatives économiques, 2010.
(3) Guillaume Duval, « Pauvreté : le chasse croisé jeunes/vieux », Hors série d’Alternatives économiques, 2010.

Les jeunes retraités bénévoles

Sur les 600 000 à 700 000 personnes qui partent en retraite chaque année, près de la moitié ont une activité bénévole selon un sondage de l’Ifop de 2010. Les jeunes retraités recherchent une nouvelle sociabilité pour compenser la fin de vie professionnelle indique la CNAV. Mieux, le bénévolat favoriserait la bonne santé des retraités (1,8 plus de chance de se sentir en bonne santé que les non bénévoles) selon le centre de recherche sur la philanthropie. En tous cas ceux et celles qui s’engagent sont déjà en bonne santé.

540 € minimum de loyer pour un logement étudiant ? Une première inégalité générationnelle.