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L’Albanie en route vers l’Union européenne


L’Albanie tire les leçons de son histoire. Blessé par le régime stalinien d’Enver Hoxha de 1944 à 1985, ce pays des Balkans au bord de l’Adriatique s’emploie à renforcer son intégration dans l’Union européenne (UE). De nouvelles infrastructures jettent les fondations d’une économie qui veut garder ses enfants au pays.

« La statue de Mère Teresa devant l’aéroport de Tirana illustre la volonté de l’Albanie de s’ouvrir au monde », explique Édouard, le guide qui conduit le groupe de touristes. Il poursuit : « Le nom de Mère Teresa unit tradition, spiritualité, développement et symbolise une Albanie tournée vers la paix, la solidarité et l’avenir. » Depuis 2014, ce pays de 2,8 millions d’habitants met un pied dans l’UE. Les négociations d’adhésion ont officiellement commencé en juillet 2022.

Des vestiges du régime stalinien

Le guide évoque les stéréotypes persistants concernant les films ou articles de malfrats albanais. La lutte contre la corruption et le crime organisé fait partie des conditions principales pour avancer vers l’adhésion à l’UE.

Craignant une invasion, le régime communiste construisit plus de 170 000 bunkers à travers le pays. Appelé le « Camarade bien-aimé », Enver Hoxha dirigea l’Albanie jusqu’à sa mort en 1985. Sous cette dictature communiste, toute opposition était réprimée. À Tirana, le Musée national de la surveillance secrète expose les dispositifs d’écoutes, de torture et de surveillance d’État.

Des sites culturels et historiques

L’histoire du pays ouvre le visiteur aux sites antiques inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, comme Butrint, ancienne cité gréco-romaine, ou Gjirokastër, de la période ottomane. De 200 à 300 sites archéologiques et le bord de mer ont accueilli, en 2023-2024, plus de 10 millions de visiteurs. Grâce aux secteurs du tourisme et de l’immobilier, l’Albanie a des taux de croissance élevés (4,8 % en 2022 et 3,9 % en 2023 et en 2024).

Depuis 1991 et la chute du régime communiste, Tirana, la capitale, a repris des couleurs. Des installations nouvelles sont prêtes à répondre à l’offre touristique sur une grande partie du littoral.

Place Skanderbeg à Tirana, capitale de l’Albanie, nommée en 1968 d’après le héros national albanais.

Le soutien européen

Le réseau routier facilite les déplacements entre les villes majeures. Dans les zones rurales ou montagneuses, les voies, parfois étroites et mal entretenues, nécessitent davantage de vigilance. Un programme de réhabilitation de 1 500 km de routes est financé avec la Banque européenne d’investissement (BEI). Six autres projets routiers sont en chantier pour près d’1 milliard d’euros. En avril 2025, la BEI et l’État albanais ont signé un accord de près de 90,5 millions pour la reconstruction du tronçon ferroviaire Durrës-Rrogozhinë. Ces projets devraient stimuler le marché du travail. Depuis les années 1990, l’Albanie a connu une vague massive d’émigration.

Les aides internationales ont permis de reconstruire ou restaurer des milliers de lieux de culte fermés et détruits en 1967. La mosquée Ballie, à Elbasan, joyau architectural achevé autour de 2022-2023, et les restaurations en cours d’églises orthodoxes illustrent la renaissance religieuse et architecturale après des décennies d’athéisme étatique. Les communautés (musulmans, bektachis*, orthodoxes, catholiques) se respectent et coopèrent dans la vie quotidienne. Si le contexte politique européen est favorable, une adhésion de l’Albanie à l’UE est plausible à l’horizon 2030. Ce pays devra prouver d’ici là que ses institutions garantissent la démocratie, l’État de droit et le respect des droits fondamentaux et démontrer une économie de marché viable.

[Denis Ritzenthaler

* Les bektachis : une minorité religieuse albanaise connue pour sa tolérance religieuse, son rejet du fanatisme, son égalité entre hommes et femmes et son respect de toutes les religions.