L’Europe face à un monde en mutation
Dans l'éditorial du Fil Bleu de mai à août, le magazine de la CFDT Retraités, Benoit Prince, secrétaire général, rappelle que, pour la CFDT, l’échelon européen est crucial pour promouvoir l’autonomie stratégique, réindustrialiser et protéger les entreprises et les travailleurs européens. Mais qu'en est-il de l'Europe de la défense ?
Face à un paysage géopolitique en mutation rapide, l’Union européenne, tant pour sa prospérité que pour sa sécurité doit, plus que jamais, s’inscrire dans le respect et la promotion du multilatéralisme et du droit international.
L’avenir de l’Europe est en jeu. Elle doit s’unir pour relever ce qui est à la fois un défi et une opportunité pour affirmer sa souveraineté et son autonomie stratégique vis-à-vis des superpuissances en investissant davantage dans les secteurs clés d’avenir pour rattraper le retard économique vis-à-vis de la Chine et des États-Unis, sans compromettre son modèle économique et social.
Pour la CFDT, l’échelon européen est crucial pour promouvoir l’autonomie stratégique, réindustrialiser et protéger les entreprises et les travailleurs européens. Cette autonomie stratégique ne doit pas se construire au détriment de la justice sociale, de la solidarité internationale et doit respecter les valeurs et principes démocratiques – notamment la paix, le multilatéralisme, le dialogue et la coopération entre les pays et les peuples. Elle doit aussi tenir compte de la protection de l’environnement et de la biodiversité.
L’Europe de la défense au cœur des débats européens
Suite à l’agression de l’Ukraine par la Russie puis, plus récemment, aux menaces du Président américain de se désengager de l’Ukraine et du continent européen, les États européens se voient contraints de reposer la question de leur défense et des moyens d’assurer leur sécurité.
L’Europe de la défense est aujourd’hui au cœur des débats européens, c’est une grande nouveauté entre les décideurs européens. Une nouveauté que nous pouvons saluer, comme nous pouvons nous satisfaire des premières annonces de la Présidente de la Commission.
Or il nous faut faire preuve de réalisme. Construire l’Europe de la défense – quelle qu’en soit la forme – va prendre du temps. Force est d’admettre que nous ne pouvons pas nous affranchir des États-Unis dans l’immédiat, en matière de sécurité collective, même si c’est en partie regrettable.
Pour la CFDT, il reste à définir ce que nous mettons derrière le terme Europe de la défense que l’on veut voir créée sans reculs sur les investissements d’avenir et les dépenses sociales des États membres.
[Benoit Prince, secrétaire général de la CFDT Retraités