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L’organisation mondiale de la santé (OMS) au cœur des tragédies du XXIe siècle


Pour la première fois de son histoire, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) s’est donnée, en mai dernier, un directeur général africain, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. Un vrai défi pour cet Éthiopien, tant l’Afrique est au cœur des préoccupations et des programmes de cette organisation qui lutte depuis sa création contre de nombreuses pandémies.

De nombreuses épidémies sévissent en Afrique : le paludisme que l’on retrouve en Asie également et qui tue de très nombreuses personnes dont les enfants. Depuis quelques années, la recherche a fait des progrès contre ce fléau transmis par les moustiques qui, à cause du réchauffement climatique sans doute, remontent vers le nord du continent africain. Mais la prévention reste encore le meilleur moyen de s’en prémunir.

L’ensemble des maladies sexuellement transmissibles ensuite, comme le VIH et l’hépatite C. Aujourd’hui l’on sait stopper l’évolution du premier chez ceux quoi sont porteurs du virus, et éradiquer la seconde. Dans les deux cas, l’accès aux médicaments dont le prix est exorbitant est très problématique pour les Africains et les ressortissants d’autres pays pauvres. Lors de la dernière assemblée générale de l’OMS, la directrice sortante, Mme Chan, indiquait que l’OMS et d’autres avaient dû se battre pendant plus de 10 ans pour faire baisser le prix des médicaments contre le VIH, « seulement »… 2 ans contre ceux qui permettent de guérir définitivement contre l’hépatite C. Triste progrès.

Négociations intergouvernementales

Une pandémie en chassant une autre, la fièvre Ebola. Apparue vers la fin des années 1970 en Afrique de l’Est, la fièvre est revenue en force en 2014 en Afrique de l’Ouest. L’OMS, malgré les reproches qui lui ont été faits sur la lenteur de sa réaction, semble avoir réussi avec de nombreuses autres organisations et chercheurs à faire découvrir un vaccin dont les premiers résultats sont très prometteurs. Ces exemples parmi d’autres indiquent l’ampleur des défis auxquels se trouve confrontée cette organisation intergouvernementale. Cette lutte restera une priorité du nouveau Directeur général qui a été président du Conseil du Fonds mondial contre le Sida, la tuberculose et le paludisme.

Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus a acquis une expérience considérable dans son pays, l’Éthiopie, où, en tant que ministre de la Santé, il a réussi, de 2005 à 2012, à transformer l’organisation sanitaire et la couverture sociale des habitants. Le réchauffement climatique est aussi une priorité pour lui. Cette expérience lui sera sans doute d’un très grand secours pour prendre en charge tous ces défis et bien d’autres et en négocier leur financement. Sa dernière responsabilité ministérielle, les affaires étrangères, ne devrait pas lui être de trop pour mener les négociations intergouvernementales.

Jean-Pierre Delhoménie

L’OMS (Organisation mondiale de la santé)

Agence spécialisée de l’ONU, l’OMS, a formellement été mise sur pied le 7 avril 1948. Selon sa Constitution, « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Ses 194 États membres se réunissent tous les ans en Assemblée mondiale, au mois de mai, à Genève. Environ 7 000 collaborateurs y sont rattachés.
Le budget de l’OMS est alimenté par les cotisations des États membres, mais aussi les contributions volontaires de ceux-ci, ou de fondations privées. Il permet de recenser ses priorités. Par ailleurs, l’OMS publie régulièrement des études qui permettent de faire le point sur les principaux fléaux qui sévissent sur notre planète. Ainsi – mais cette liste est loin d’être exhaustive – l’OMS déclare que 1,9 milliard de Terriens adultes et enfants sont obèses ou en surpoids, et bien sûr s’en alarme.

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, ancien ministre de la Santé et des Affaires étrangères d’Éthiopie, saura lutter contre toutes les pandémies.